mardi 3 décembre 2013

Cuenca


Hola chicos !

Enfin des nouvelles!!!

Cette semaine on recommence l’Équa-roulette ! Cette fois-ci, on fait tourner notre cobaye tellement rapidement que son doigt étourdi tombe sur Cuenca , la troisième plus grande ville de l’Équateur!

On est content ! Un peu troublé par le prix du voyage (le double de la moyenne équatorienne) mais sur un nuage malgré tout parce que ça fait longtemps qu’on veut la rencontrer celle-là (la ville) !

Le petit quatre heures de bus dans les montagnes en vaudra la peine.
Époustouflant!

Ici, notre autobus s’envolera plutôt que d’escalader une montagne. On cherche encore les ailes et le bruits des moteurs aériens.

D'ailleurs, on aura l’impression de flotter tout le long de la route ennuagée.

Ici, on surf littéralement sur une grosse vague tout le long de notre ascension dans le ciel.
Et quand enfin, on se retrouve au dessus des montagnes environnantes, les nuages ont des airs de restant de feux de forêts. Mais la fumée ici n’est pas liquide et grise comme celle d’arbres en feu. Elle est dense et moelleuse comme celle de petits groupes de tornades un peu endormies. Des tornades faites d’oreillers emplumés, tourbillonnants au ralenti dans le ciel montagneux.
 
Si ce n’était de la différence de couleurs, ce serait difficile de faire la distinction entre les arbres et les nuages. En fait, les nuages, à cette altitude, semblent plus réels que les arbres avec lesquels ils planent.

Un peu comme si les rôles étaient inversés.
 




Ici, les couches de nuages semblent verticales et non horizontales.

Les arbres quant à eux sont plats comme des tartes.


On est aussi surpris de la richesse de leur feuillage. C’est comme si cette constante brume sans soleil les écrasait constamment vers le sol mais en les nourrissant d’une eau vitaminée par le soleil invisible.

Ici, les cimes des montagnes solitaires rappellent des icebergs dans un océan de nuages. 
 
Et juste quand on pense que notre vaisseau sur roues va s’écraser sur la glace forestière comme un Titanic dans les montagnes, l’autobus-bateau-avion se fait une fois de plus dévorer vivant par ces monstres d’eau condensée.
 
Maintenant et pour ce qui semblera une éternité, on ne voit plus rien ; pas à plus de dix mètres en tout cas.

C’est comme ça qu’avant même d’arriver à Cuenca, on a l’impression de se diriger directement dans un petit rêve sur terre.
À notre arrivée à la gare, Simon s’en va toute suite flirter avec la dame du centre d’information. La récolte est bonne.

Le temps d’un petit détour par l’aéroport (1.5km de la gare), question d’impressionner Soa avec des avions qui s’envolent, qu’on décide de flirter avec le transport en commun de Cuenca.
Deux jours plus tôt, Cuenca inaugurait fièrement son nouveau système de metrovia (bus avec voie reservée). Rien n’est plus excitant que d’être un cobaye du transport !  On embarque là dedans. Ébahi de voir une machine qui ramasse la monnaie (absolument tous les transports en commun de toutes les villes et villages du pays fonctionnent avec une équipe de deux lurons ; le chauffeur et le ramasseur de monnaie), Simon y «pitche» un dollar … qui tarde à rendre la monnaie.

Autre explication. Le coût du transport en commun dans les grandes villes de l’Équateur est de 25 centimes par passage. Pas d’exception ! PAS D’EXCEPTION ! Et pourtant, le chauffeur marmonne à Simon d’aller s’asseoir. On fait donc le constat que le nouveau système tout neuf de transport de Cuenca doit être financé par quelqu`un !

Sauf que dix minutes plus tard, quelques coins de rues avant notre arrêt, un jeune homme vient nous rendre notre monnaie.

Un peu confus mais choyés, on comprend trois choses : la machine ne rend pas la monnaie, le chauffeur attendait un passager avec 50 centimes pour rééquilibrer son karma et enfin, les gens des Cuenca sont honnêtes !

Rendus à destination, on se dirige vers la porte d’entrée … pour se faire crier dessus par le bus au complet. A Cuenca, on quitte le bus par la porte arrière... Quel étrange phénomène!

Ce sera en effet une autre première pour nous ! Pas de se faire crier dessus; ça c`est fréquent; mais d’utiliser un système à deux portes, ça c`est nouveau (la porte arrière est normalement condamnée en Équateur).

Aussi excité que le premier homme dans l’espace, on se propulse donc dans les rues de Cuenca par la porte arrière, en observant deux choses : les gens de cette ville sont vraiment innovateurs et par le fait même, le transport en commun beaucoup plus efficace.
On se rappellera d’ailleurs de cette histoire de porte arrière à notre retour à Guayaquil, lorsque, prisonnier à l’arrière d`un bus rempli à craquer, maison d`escargot sur le dos, on devra pousser 30 personnes pour arriver à sortir du bus (par la porte avant) !

On débarque au Nord de la ville, ce qui nous fait marcher un peu vers notre hôtel.  On ne s’en plaint pas par contre car cette partie de la ville est qualifié de trésor mondial par l’UNESCO.

Cuenca est très touristique. Avec raison. Elle attire les étrangers de tous les âges et de tous les milieux sociaux. Or, le poids des expatriés pèse énormément sur l’ambiance générale de la ville. On est de plus en plus enclin à croire que l’Équateur est en effet le paradis des retraités. Mais on ne peut cacher notre désarroi occasionnel face au clash générationnel.

 















Car ici, ceux qui ont choisi Cuenca comme nouvelle maison, ce l’ont aussi appropriée à certains niveaux. 
Par exemple, le coté merveilleux de la présence d’étrangers dans une ville comme Cuenca, c’est la culture de cafés qui s’y installent à la demande du «toubab» moyen. Rien de plus revitalisant et nostalgique, que nous procurent des heures de lecture et de jouages de backgammon en buvant un litre de café chacun.
Or, de nombreux cafés fantastiques sont peuplés, jours après jours, de expatriés nantis, refusant d’apprendre l’espagnol, se plaignant que la musique n’est pas assez silencieuse et qui semblent considérer chaque centimètre de cette ville superbe comme leur propriété privée. 

Parfois, une certaine ambiance de peur et de ressentiment semble même régner au sein de ces merveilleux endroits de paix et calme. Une certaine crainte désillusionelle que les expatriés seront envahis chez eux par les immigrants-locaux.

Tout ça est bien entendu une énorme généralisation mais il est vrai que certaines personnes dans cette ville paraissent catégoriquement oublier que ce sont eux qui sont les étrangers ici. 

Nous offrons donc notre firme-conseils gratuitement à tout expatrié-retraité qui espérerait s`installer dans un pays du sud. Le chemin de l`intégration est périlleuse mais cette voie est partout préférée au néo-colonialisme désintégrateur.

 
Pour en revenir au positif, on est tout à fait sous le charme de cette ville d’érudits qui regorge des meilleures universités de l’Équateur, et donc d’une culture de bars, de discothèques et bières artisanales vivante et unique.






D’ailleurs, le weekend, on recommande un séjour dans un hôtel en dehors du carré «Calle Larga/Borrero/Vasquez/Hermano Miguel».  Du dimanche au mercredi, il n’y a aucun problème.




Cuenca est aussi une ville d`expression où l`art mural prend beaucoup de place.
 



C`est aussi une ville de musées avec ses œuvres d`art inédits.

 

Les restaurants sont ici particulièrement diversifiés ; plus qu’ailleurs en tout cas. En effet, ce n’est pas partout qu’on retrouve colombiens et péruviens se serrant autour de la masse équatoriennes. On a aussi essayé un thai, visité un indien et remarqué de nombreux shawarmas. Mais le bonheur ultime, c’est les restaurants de déjeuners. Crêpes, gauffres, omelettes, pains aux noix, miel, confitures… comme quoi, il n’y pas que du mal à l’affluence d’expats.  

Cuenca déborde aussi d’une panoplie de bouquineries; qui se donnent à l’échange, l’achat ou la vente de livres neufs et usagés de tous les pays du monde (difficile à trouver dans ce pays).

Étant une très vieille ville, Cuenca est bien entendu une ville d'églises. 




Cuenca c’est aussi des ruelles sans fin, toutes plus belles et surprenantes les unes que les autres. On pourrait en effet marcher ici des semaines sans jamais vraiment connaitre la ville. 

 




















A cet effet, on recommande particulièrement le bus numéro 14 qui va jusqu’à El Valle ; petite brousse sur la surface cuencaine (1h15 aller-retour). La vue est époustouflante et on peut clairement observer le-pas-de-séparation entre les très très riches et les pauvres-comme-pas-possible ; deux classes qui se voisinent au sein des mêmes quartiers. 

Et quand on a les souliers fatigués de parcourir la ville à pieds, on a tout simplement à se faire un petit tour de «free-busing», qui consiste à plonger dans le premier autobus qui passe et à se laisser rouler jusqu’à ce qu’il ait complété son cycle karmique ; nous déposant précisément au point où il nous avait cueilli; mais avec une expérience de plus à raconter. 




Entre temps, on est aussi parti à l’aventure dans le parc Cajas, le temps d’un petit trek d’une demie journée entre 3100 mètres et 4500 mètres. Les nombreux sentiers du parc sont marqués presque efficacement (ce qui est impressionnant pour l’Équateur) et on ne s’est donc que presque pas perdus.

 

 


 
Forêts idylliques, lacs, grottes, froid de canard et montagnes. Quelle belle journée pour deux Québécois bien équipés !

Sauf que Simon a briser ses bottes en jouant au Spartan…






 On est passé deux fois par Cuenca déjà. La deuxième, c’était avec les parents de Soa.

A cette occasion, on a fait beaucoup de taxi pour accommoder les valises à roulettes de papa et maman Rajaona. Malgré notre manque de données directes en Équateur, on a rit un peu jaune en découvrant le prix de ces «carros amarrillos».

En effet, si le transport en commun à Cuenca est nettement plus efficace qu’ailleurs, le transport privé lui, coûte environ le double qu’à Quito ou Guayaquil (pour une distance équivalente bien entendu). Et ne pensez pas à marchander car les chauffeurs de taxis de Cuenca semblent s’imaginer chauffeurs de limousine. Mais ça n`a pas le moins du monde importuner les malgaches en vacances.

On a aussi visité le Baños de Cuenca (il y a un Banos plus reconnu au nord de Riobamba).
Dans les deux villes, le concept est simple ; bains et piscines d’eau chaude provenant des sources thermales de ces villes montagneuses où il ferait normalement trop froid pour une saucette.


Les parents de Soa ont adoré leurs trois heures de bonheur mouillé. Simon et Soa sont, quant à eux, resté au sec ; préférant visiter la ville. Et ils ne l’ont pas regretté. Une fête religieuse avait lieu au même moment et pas moins de quarante cavaliers à cheval ont performé juste pour nous devant la grande église bleue de Baños.
Des musiciens locaux étaient aussi de la fête ; sans oublier bien sur, le parti politique ayant vraisemblablement organisé les festivités (les élections provinciales sont éminentes).

A la suite de notre deuxième visite, nous nous sommes dirigés vers le sud de l’Équateur.

Prochaine histoire : Vilcabamba, la vallée de la longévité!




Hébergement 

On a dormi :
Hostal Villa Del Rosario
Honorato de Vasquez5-25 y Mariano Cueva
www.hvillarosario.com
Caché, vue incroyable, jardin, cuisine toute équipée
Chambre coloniale
8$ par personne

Casa cuencana
Sur Hermano Miguel (coin Larga)
Chambre très moyenne mais idéal pour couple pas chialeux.
Vue idyllique sur le stationnement intérieur
Cuisine toute équipée
Toilette partagée
8$ par personne

La escalinata
Calle Larga 5-83
Bonne chambre
Propre, confortable mais sans fenêtre (donc, odeur acceptable de renfermé)
À coté d’un gros bar
Bonne sécurité
Wi-fi
10$ par personne

On a réservé deux fois :
El Cafecito
Vasquez 7-36
Les deux fois, le prix n’était pas le même qu’annoncé sur leur site web.

On a mangé :

Déjeuner
Moritas
Calle Hermano Miguel (coin Vasquez)
Prix exhorbitant à l’exception des omelettes trop cuites et sans goût
Les crêpes et coupes de fruits-granola-yogurt valent la peine
Ambiance enfumée ; table près des fenêtres est recommandée

Windhorse
Calle Larga (coin Hermano Miguel)
Ambiance colonialiste
Prix bien au dessus de la moyenne équatorienne
Le pain maison est exceptionnel
Le café à volonté pour 2$ nous a fait revenir plusieurs fois
Mais ce qui vaut vraiment le détour, c’est l’échange de livre 1 pour 1 au deuxième étage.

On a bu :

Microbrasserie La Compania
Calle Borrero (coin Vasquez)
Prix exceptionnel pour notre premier bock de vraie bière en Équateur
Ambiance authentique sur deux étages (très pub montréalais)

Bouquineries :

Neuf
Libri Mundi
Hermano Miguel y Mariscal sucre (centro)
Prix normal en Équateur (trop cher) mais
Grosse sélection internationale (ce qui n’est pas la norme)

Usagé

Windhorse cafe
1 pour 1


Carolina bookstore
Calle Hermano Miguel
Prix absolument outrageux pour des livres usagés
Achète livre pour 1$ sans distinction de la qualité
Mais pour une bonne cause ; s’implique dans la communauté (à ce qu’on nous dit) et
Cours d’anglais pour les équatoriens
Pas d’échange

Libros sin nombre
Petit bookstore un peu au nord, en face de Carolina
Calle Hermano Miguel
Énormément plus petit et pourtant, paraît avoir plus de choix que Carolina
Prix raisonnables
Échanges, achats et ventes





jeudi 21 novembre 2013

Salinas de Guaranda; chemin gourmant dans les montagnes

Bonjour  la    familia,  
on doit d'abord s'excuser pour le manque de nouvelles. L'attente insupportable de nos visas et l'inertie de notre routine urbaine nous a momentanément rendu trainard.

D'ailleurs pour contrer cette malédiction et afin de passer le temps, nous avons développé une nouvelle passion de couple. 

Vous connaissez ce jeu où l'on choisit une destination de voyage au hasard en posant son doigt, les yeux fermés, sur un globe terrestre qui tourne? 

Et bien, c'est ça notre jeu... mais avec beaucoup plus de suspense!

On se présente donc au terminal d'autobus de Guayaquil et on choisit un valeureux cobaye au hasard (on préfère quand le hasard tombe sur un de nous deux mais il arrive à l'occasion qu'un parfait étranger ait la chance inouie de participer à notre jeu palpitant)

On exige ensuite du sujet qu'il ferme ses yeux avant de le faire tourner sur lui-même une trentaine de fois (environ 85% du plaisir) avec le doigt allongé au bout de son bras.

Quand l'urluberlu cesse enfin de tourbillionner (sérieusement... ce n'est pas très responsable pour un adulte de tourner comme ça sur lui-même dans un terminal d'autobus), son doigt aux allures de saoulon se trouve à pointer en direction de l'une des 45 compagnies d'autobus du terminal. 

Chaque compagnie offre une demi-douzaine de destination. On aura amplement le temps d'en choisir une avant que notre «pointeux» ne finissent de voir triple. 

Nos critères de destination idéale sont les suivants: départ le plus rapide, nombre d'heures à parcourir, coût du voyage. 


Notre jeu s'appelle le «globe terrestre humain» et il peut se pratiquer partout; station de train, aéroport, etc. 

Notez que par la présente, nous officialisons que son brevet nous appartient.

La première fois qu'on a joué à notre «planète-roulettes», on est tombé sur Riobamba.  
  
Aujourd'hui, on va donc vous parler de notre petite escapade romantique à plus de 4000 mètres d'altitude. 

Après que le doigt du destin eu fait son choix, nous avions un gros 10 minutes pour se rendre jusqu'à notre vaisseau sur roues. 

Super!! Sauf que...
 


Vous devez savoir que e terminal de Guayaquil est un centre d'achat immense construit sur 3 étages (oui, oui) et que les bateaux terrestres peuvent quitter de 6 différentes sorties (2 stationnements par étage).
Le numéro de la porte de départ est assez facile à trouver et se trouve sur le billet mais il faut connaitre le numéro de l'étage et ce détail très important ne sera divulgé qu'une fois par l'agent des billets. Par ailleurs, nous sommes maintenant persuadés que pour obtenir son travail, l'agent des billets (peu importe sa compagnie d'embauche) doit passer un test pour devenir maître du marmonnage.


Le numéro de la porte de départ est assez facile à trouver et se trouve sur le billet mais il faut aussi connaitre le numéro de l'étage et ce détail très important ne sera divulgé qu'une fois par l'agent des billets. Par ailleurs, nous sommes maintenant persuadés que pour obtenir son travail, l'agent des billets (peu importe sa compagnie d'embauche) doit passer un test pour devenir maître du marmonnage. 

Il faut aussi noter que les numéros sont nombreux sur le billet et qu'il faut apprendre à déchiffrer (littéralement) tout ça. Entre le numéro de porte, le numéro de bus, le numéro de siège, le coût du billet, la date et l'heure, il y a de quoi s'y perdre. 

On est quand même arrivé à temps car Soa est fille de mathématicien. Merci Gérard!

Donc, c'est quatre heures de bonheur sur la route qui nous attendaient afin d'atteindre le creux de montagne qu'est Riobamba. Les deux premières heures du périple, le paysage n'est pas très inspirant. Déjà, juste le temps qu'il faut pour sortir du traffic de Guayaquil et de ses interminables banlieux. Ceci sera suivi par un véritable océan de jungles bananières (qui, nous rappelons, n'est pas très doux sur la rétine). 

On était donc content d'avoir un film vraiment touchant, dans lequel Halle Berry parle au téléphone jusqu'aux quinze dernières minutes. Évidemment, à cause d'une craque dans le chemin (histoire vraie), on a littéralement manqué le «punch» du film; soit, la raison pour laquelle la belle brune hollywoodienne a finalement décidé de raccrocher son téléphone et surtout, le comment du pourquoi, elle a réussi à trouver le psychopathe-kidnappeur de ses cauchemars et par le fait même, de sauver la fillette en danger avec qui elle était au téléphone tout ce temps là!

Le reste du voyage était absolument époustouflant. Le retour aux montagnes équatoriennes nous fait toujours vibrer autant. C'est assez spécial de vivre dans un pays où l'on peut passer du niveau de la mer à la base d'un volcan en quelques heures. 

Malheureusement, notre première impression de Riobamba ne fût pas celle qu'on espérait. On a en effet, plus ou moins aimé l'odeur de cette ville (beaucoup de voitures qui pètent) ayant plus des airs de métropole que de trésor andin.  

Disons que de Riobamba, la vue imprenable du Roi, le volcan Chimborazo est beaucoup moins romantique quand ça klaxonne à toutes les quinze secondes. On devrait aussi spécifier qu'on était venu dans les montagnes pour respirer un peu d'air frais.

On estquand même resté une nuit, histoire de profiter des quartiers animés. Notre hôtel, quelle chance, avait des allures de palais présidentiel....mais qui aurait un sérieux retard
sur les rénovations à cause de la démesure de ses taxes résidentielles.

En bref: potentiel de quatre étoiles à prix dérisoire. Parfait pour nous! 

Monsieur Chimbo























































Riobamba nous a donc laissé très peu d'émotions, si ce n'est qu'un burger végétarien exceptionnel chez Brothers' café. Mais, on doit avouer qu'on n'a pas laissé beaucoup d'opportunité à la ville de nous vendre sa salade. 

Faudra y repasser. 

Par contre, on était sérieusement excité à la pensée de notre voyage du lendemain. En effet, on nous raconte que, quand c'est pas trop nuageux (rare dans les montagnes), le chemin entre Riobamba et Guaranda est à couper le souffle. La raison: On passe à cinq kilomètres du volcan Chimborazo. 

Pas de chance, superbe voyage remplis de montagnes et d'alpacas sauvages mais le «king» nous a tourné le dos cette fois-ci.






Mais ce n'est que partie remise!!

Guaranda nous a donné l'effet contraire de Riobamba. Notre premier regard fût en effet enflammé de futurs amourettes.

Crédit :Ivan Kashinsky
Capital de l'état du Bolivar, Guaranda c'est comme un petit Pujili dans les montagnes; ses pieds mouillés dans le creux de la sierra, sa «place rouge» pas rouge du tout, ses encebollados dignes du Manabi, ses légumes à des prix qui pourraient faire honte à Guatubamba.

Est-ce ça l'amour?

Malheureusement, nous étions promis à une autre...

Nous nous lançions donc à la recherche du taxi communautaire qui allait nous mener à bon port.

Dix minutes plus tard, nous étions dans la capsule transporelle... trente minutes plus tard, nous étions en route. Eh bien oui, «transport communautaire» veut dire que ça coute des «peanuts» mais qu'on doit faire déborder la machine pour que ça vaille la peine de bouger.

Une fois bien serrés, on est partie pour un tour de montagne russes horizontales (zig-zags à n'en plus finir) à raz le ciel. Simon a adoré, Soa un peu moins.
Ça allait pourtant en valoir la peine.

Quarante-cinq minutes de slalom plus tard, on arrivait au bout de notre aventure... littéralement; Salinas, notre destination finale, est le dernier village accessible (par la route) de ce petit coin de pays.

Qu'est-ce qui nous a amené ici exactement?

Deux mots: Chemin gourmant!

Historiquement, Salinas était une communauté excessivement pauvre, comme ses voisines andines d'ailleurs. Mais avec l'appui d'un prêtre italien, sa situation socioéconomique a radicalement changé depuis les années 1980.

Aujourd'hui, Salinas est un modèle de développement communautaire fondé sur un système solide de micro-entreprises sociales.

Ainsi, grâce à une volonté sans pareille de la part de l'ensemble de la communauté, d'un petit coup de main technologique et éducatif (sanitarisation, équipement et expertise) et de beaucoup, beaucoup de travail et de patience, Salinas brille aujourd'hui d'autosuffisance et d'interdépendance économique.

Par où commencer... on va y aller en ordre de préférences: fromages, chocolats, confitures, champignons et fruits séchés, huiles essentielles, transformation de laines et confections de vêtements (Alpacas, moutons, etc.). Et n'oublions pas leur mines de sel! 














 
Mine de sel


On est donc arrivé vers 13h et on s'est tout de suite prit une chambre dans l'un des trois hôtels communautaires de l'endroit afin de pouvoir aller profiter du reste de notre journée.

Salinas est une communauté d'environ 6000 habitants mais on a vraiment l'impression qu'ils ne sont pas beaucoup plus que 500.

La Plaza: c'est là que ça se passe quand il se passe quelque chose!
On imagine que la plupart sont en train de bêcher, de récolter, de tondre, de transformer, de coudre, de cuisiner, et de tester leurs produits.

Soa qui se fait des amis


















Nous aussi on allait tester les produits! On a passé l'après-midi à tout goûter. Bon, on doit avouer notre déception car on croyait pouvoir essayer un petit peu de tous leurs merveilleux produits mais ça ne fonctionne pas tout a fait comme ça ici. Faute de pouvoir se goinfrer de nombreuses petites doses, on a rempli nos sacs d'un peu tout ce qu'ils offrent. Malheureusement (ou heureusement), pas beaucoup de nos achats se sont rendu à Guayaquil... on a tout mangé le soir même!




En arrivant à l'hôtel, on a réaliser que quand le soleil se couche, il fait «frette» à quatre milles mètres d'altitude !

Mais charmants comme on est, notre hôte nous avait préparé un feu. En plus, Soa n'avait pas 3, pas 5 mais bien 7 «tapis-couvertures» sur le lit!
Pour ceux qui ne le savait pas, l'une de nos couvertures à Guatubamba était littéralement un tapis!






Le lendemain matin, Soa s'est plaint un peu de l'altitude mais Simon est pas mal certain que c'est parce qu'elle avait mangé trop de fromage et de chocolat la veille.

On a donc laissé rêver notre princesse «sous» ces tapis-volants pendant que Simon s'en allait escalader le plus haut point de Salinas pour avoir une meilleure vue du paysage.



Ce qui se trouvait là haut était inespéré.



 

Et puis, comme tout Bédard qui se respecte, Simon devait s'aventurer un peu plus loin dans la gorge du loup...
Parce qu'en effet, ce qui semblait être le bout de la route, ne l'était pas du tout. Derrière le sommet qui surplombe le village, s'élève deux belles grosses vallées de crevasses monolytiques digne de «Jurrassic Park».


Pas de choix: il fallait aller planter le drapeau Bédardois au bout de la fin du sommet de la route interdite de l'inconnu mystérieux!

Caché derrière les arbres, dans l'entre de la bête...



Simon aime découvrir des grottes



Crevasse de camping à même la grotte


Au retour du conquérant, Soa et Simon s'en sont en allés parce que de toute façon, la journée s'annonçait encore plus en altitude qu'à leur arrivée.
Quatre heures de souffrance atroce nous attendait. La cause: un conducteur qui n'a jamais vraiment appris à conduire manuel et qui ne le s'est jamais fait dire.
Est-ce que vous vous rappelez les premières fois que vous avez essayer de maîtriser la conduite manuelle; un peu perdu entre le «brake», la «clotche» et l'accélérateur?  Votre père, mère ou tout autre professeur; lui/elle s'en rappelle.

On aurait vraiment voulu expliquer au chauffeur que ça n'allait pas du tout mais on craignait de se faire jeter hors du bus.

On a donc eu du mal à apprécier le paysage au retour. Ça n'a pourtant pas gâcher notre aventure; même que ça nous a permis de tolérer d'avantage notre retour dans la canicule guayaquilienne!

À bientôt!