vendredi 18 octobre 2013

San Miguel et son Rio Cayapas


Hola Chicos!

Si vous nous permettez, ce blog est dédié à la mémoire de Mamie.

On a fait beaucoup de chemin depuis notre arrivée en Équateur, il y a maintenant deux mois. Le dernière bout, la «Côte-Nord» était particulièrement intéressant. Voici, la troisième et dernière partie de cette petite aventure post-Rio Muchacho.

San Lorenzo est un point de départ idéal pour aller dans la brousse, se trouvant en plein centre de la réserve écologique Manglares Cayapas Mataje, l'une des réserve de mangroves les plus dense sur la planête.

Malheureusement, certaines activités touristiques ici, principalement les parcs et réserves nationales, sont simplement hors de prix pour notre petit couple. Nous devons choisir nos dépenses méthodiquement et nous allions devoir passer sur les mangroves.

Par contre, on avait entendu parler de San Miguel, qui se trouve à 5 heures (en canoe-moteur) en amont de la grande rivière Cayapas. De San Miguel, on pouvait supposément engager un guide pour 10$ par jour et aller faire un tour dans la réserve Cotocachi-Cayapas. Voilà une activité qui était plus dans nos prix... du moins, c'est ce qu'on croyait.


Tout d'abord, San Miguel n’est pas l’endroit le plus facile à atteindre. On ne peut en effet y aller que par bateau. Et le port le plus accessible est celui de Borbon, à environ une heure au sud du bout du monde (San Lorenzo). 


 
La première chose qui nous vient à l’esprit quand on s’arrête à Borbon; c’est un bon whisky. Un homme a le droit de s’ennuyer de petits bonheurs comme ça. D'ailleurs, Simon boude tout breuvage alcoolisé depuis notre arrivée en Équateur.
Mais sérieusement, ce petit port riverain est aussi charmant qu’un fond de bouteille à peine digérée par un méchant dans un film de Clint Eastwood; son odeur est loin d’être agréable, il lui manque un peu trop de dents mais l’intrigue qui longe ses rues est trop grande pour ne pas se laisser envouter.

 











 






Nous aurons à peine le temps d’un encebollado en attendant notre vague vers San Miguel et pourtant, nous aurions commandé un autre verre de cette petite ville ecclectique. 

À 9h45, donc, on monte à bord du Poseidon, le canoe-taxi de Clemente, notre nouveau copain. Bien entendu, notre super bateau-mouche n’allait pas partir à 10h, comme promis. C’est l’Équateur, on commence à s’y habituer. 










 


















Et puis, on n’est pas à une heure près…même à cinq heures de route, sur l'eau.

Ce voyage particulièrement intéressant, a pourtant été le plus cher de notre épopée en Équateur. Aucune surprise puisque ce n'est pas la distance qui est comptée mais la dépense en pétrole. 


Simon et Soa, malgré leurs nombreuses expériences de voyage, sont ravis de leurs plus longue épopée de bateau sur rivière. 



Le paysage est superbe. Des dizaines de très petites communauté sont érigées tout le long du rio.

 













Après quelques heures de «speeding» sur l'autoroute, on s'arrête pour commander un petit lunch en route, au «Mc Donald» (un petit peu plus santé) de la rivière Cayapas. Clemente en profite pour dormir un peu. La conduite en rivière, ça fatigue. 


 











Sinon, la rivière est à la fois très insipirante et déprimante. 

Sa force, sa prestance, sa beauté est incroyable. Elle accueille une flore riveraine incroyable et permet à des centaines de gens de vivre aisément.

 




Les locaux l'utilisent en effet pour tout. Elle est une route, bien entendu, servant au transport de marchandise et de personne mais aussi un bain, une toilette, une laveuse à vétêments et tragiquement, comme beaucoup de rivières du monde, une poubelle. 








Lors de l'aller, Simon a d'ailleurs beaucoup pensé à sa grande amie africaine, et amoureuse de l'eau, Catherine Ferland-Blanchet, A.K.A. Sally Traoré.



Comme à son habitude, Simon ne peut tout simplement pas fermer un oeil de tout le voyage. En effet, des études scientifiques effectuées dans plus de 25 pays ont démontré que les moyens de transport (avion, bus, train, bateau, tuk-tuk, vélo, etc) ont littéralement l'effet d'une énorme dose de caféine pour Simon. 

Ce qui contraste délicieusement avec sa douce, pour qui, tout moteur, quel qu'il soit, à l'effet d'un puissant somnifère. 

Après tant d'années, et pourtant, à notre premier grand voyage ensemble, on apprécie beaucoup la découverte de ces différences flagrantes.

Quatre heures quarante-cinq plus tard (il n'y avait pas trop de traffic), à 15h15 précise, on atterrit au petit paradis de San Miguel. 


Centre financier de San Miguel



Port de San Miguel


















Ce petit village de 300 personnes a réussi à nous charmer dès notre arrivée.



L'emplacement idylique du village sur la rivière Cayapas n'est en effet qu'un des aspects de cet enchantement.
Notre hôtel 5 étoiles
Comme si on nous attendait, Merly, la responsable de l'association des femmes du village nous reçoit au débarquadère et nous dirige le haut de la centaine de marches séparant le port de notre hotel communautaire.



Comme tous les villages, on y trouve une église et un terrain de sport.  
Le tourisme roulant sa boule depuis des années sans vraiment profiter à la communauté, l'association des femmes se forment autour de la construction de cet hôtel bien modeste mais pas le moins somptueux pour autant. L'association offre aussi déjeuner, diner et souper à prix raisonnables; bien que l'on puisse se servir de la cuisine librement. 

L'argent ramassé par l'association est distribué de manière rotative aux matrones des familles de la communauté.
Les repas sont encore plus délicieux comme ça. 

Il ne fait pas encore nuit, donc on en profite pour admirer la vue incroyable de notre hotel, au creux des confortables hamacs (tout un contraste avec notre siège dans le bateau).

Et puis, après notre relaxation transcendantale, on va s'informer un peu pour les options de visite de la réserve.
C'est là que notre bulle pête un petit peu...

Nous découvrons en effet que le responsable gouvernemental du parc national s'est aussi improvisé agent de voyage de la région. Donc, nous nous trouvons face à un gentil monsieur qui devrait s'en tenir à faire payer les frais (3 dollars) d'entrée au parc mais qui aussi est le seul intermédiaire pour s'y rendre. Le prix : 50$
Et malheureusement, aucune partie de ce montant va à l'association des femmes ou à la communauté.

Bon.

On va méditer la dessus .




Entre temps, on fait un petit tour d'un des plus petits village qu'on ait eu la chance de visiter, on parle un peu avec les gens, Soa se fait faire des clins d'oeil (pas de surprise) et on apprend qu'un monsieur fait un petit tour de sa ferme pour pas trop cher.
 
Les fermes, nous on aime ça ! On nous promet donc de nous envoyer le gaillard un peu plus tard à notre hôtel.


Angel
Soa fait le singe



















Angel arrive pendant le souper, comme promis; s'en suit une bonne assiette de marchandage la bouche pleine. Avant la fin de notre repas, on s'est entendu sur un prix et huit heures plus tard, on est partie dans la jungle de sa ferme pour trois belles heures.

On dit jungle parce qu'ici, tu manges quasiment ce qui poussait déjà là avant l'arrivée de la civilisation. Angel s'y connait énormément en terme d'arbre, de plantes et de fruits bizarres.
On est ravis par tout ça.

S'en suit une autre chaude mémoire; celle de l'amour incommensurable de Kate Monosiet pour chacun des arbres de cette belle planête.

















On marche donc le long d'une rivière, le temps d'apprendre plein de chose, de manger des bananes, de la canne à sucre et du chocolat (le fruit, pas l'emballage) et, au plaisir de Simon, de faire la rencontre de plein de belles bibittes qui donne le goût de chanter «Hakuna Matata». *AVIS AU COEURS SENSIBLES!






















Au retour, Soa et Simon iront faire un petite «saucette» dans la rivière Cayapas. Bon, Soasoa s'est peut-être baignée avec ses yeux... mais elle a quand même apprécié la baignade.




Il y a une tête de blanc dans l'eau









 
Deux petites nuits plus tard, on se reveillait à trois heures du matin pour ce qui allait s'avérer un retour plutôt mouillé. Avec une grosse pluie battante, notre chauffeur sort ses sacs de poubelle pour couvrir nos «escargots» et le reste des marchandises (incluant nous même!)

Simon, encore une fois, n'a pas dormi du voyage, cette fois en espérant assister à un lever de soleil spectaculaire sur la rivière. Malheureusement, le ciel est resté noir de nuage tout le voyage.

Mais la pluie n'a pas manqué d'illuminer Simon.
Imaginez un moment de profonde solitude. Mise à part le conducteur (par chance), tout le monde dort, protégé par une couverture de plastique.
Seul, ce jeune québécois reste éveillé, cherchant à déshabiller la noirceur, à y trouver un semblant d'aube.

Seul, il contemple la somnolence du monde.

Pour lui, les froides larmes du ciel, coulant sur son visage découvert, au milieu d'un bateau fonçant dans la gueule de la nuit, sont une hymne à la vie.
Rarement s'est-il en effet sentit aussi alerte de son existence.

Tout à coup, le ciel cessait de pleurer.
Et pourtant, les larmes de Simon, continuèrent leur chemin vers le petit matin. Car, c'est au moment où la pluie le ramenait à la vie que Simon pleurait à son tour pour la vie de sa grand-mère. De peine de la savoir partir peut-être à cet instant, ou sinon quelques jours plus tard. De joie de l'avoir connue, d'avoir été sculpté par elle, d'être devenu, grâce à elle l'aube sur la rivière Cayapas.

Quelques minutes plus tard, le jour se levait enfin.


 

Notre retour vers Quito s'est fait sans anicroches (ou presque).

Voilà, ceci conclut la première grande étape de notre voyage.

Petite récapitulation:
2 mois de voyage
2 fermes/communautés agricoles travaillées
11 villes visitées: Quito, Pujili, Guantubamba, Canoa, Rio Muchacho, Jama, El Matal, Mompiche, San Lorenzo et San Miguel.
8 lits et planches de bois empruntés 
35 heures de bus
9h de canoe-moteur
1510 km parcourus

Prochaine grande étape: Guayaquil et les visas de résidence!




lundi 14 octobre 2013

San Lorenzo





Bonjour à tous, 
voici donc la deuxième partie de notre épopée vers le nord de la côte équatorienne.

Après Mompiche, on a roulé à plein feu jusqu’au presque bout de l’Équateur, jusqu’à la presque frontière colombienne, à la très nordique (et pourtant bouillante) ville de San Lorenzo. 


San Lorenzo est une des plus grosses villes de la province de Las Esmeraldas. Cette province est particulièrement intéressante puisqu’elle se trouve à être le berceau et centre de la communauté afro-équatorienne.  





À San Lorenzo, on voyage d’ailleurs beaucoup. Cette ville donne en effet l’impression qu’on est arrivé au bout du monde. 


 
























Sans bateau, il n’y a ici, nulle part où aller. Et même si on avait un bateau, on ne saurait pas pour autant où s’aventurer sans risque parce qu’ici, les mangroves font la loi. On sait que l’océan pacifique est juste derrière mais quelque chose dans l’air, nous pousse à croire que ce ne sont que des histoires pour rassurer les enfants.

 


On aime s’imaginer que la terre est plate et que les mangroves de San Lorenzo déterminent l’endroit sur notre assiette de planète où l’on tomberait dans le vide.


Un autre scénario croquant serait que de l’autre coté de cette chevelure d’arbre aquatique se trouve Neverland, l’endroit où on passe le reste de ses jours à combattre des pirates (désolé Lazar) et où on arrête miraculeusement de vieillir.



On cherche encore la clochette!



On voyage autour du monde, donc.

 



Ici, quand on regarde un peu les marchands remplir leurs bateaux pour allez on ne sait où, on est au Mali. En effet, si on collait deux images, et Simon aimerait vraiment avoir l’image avec lui, c’est précisément au Port de Mopti qu’on se serait envolé. 






Ici, quand on marche jusqu’au bout du quai et qu’on se perd sur la rivière de mangroves, on se retrouve soudainement au Laos, sur la rivière du Mékong. À cet endroit précis, au bout de la plus grande île de Sipandon, on peut se regarder les orteils au Laos, tout en révassant qu’on traverse les rapides du Mékong jusqu’au berge du Cambodge, qui est à peine à quelques orteils plus loin. 



Ici, on est aussi à Montréal, au 228 Rose-de-Lima, devant notre école primaire des quatre dernières années. On se fait réveiller à 7h30 par des enfants qui crient leurs vies. On s’assoit sur notre balcon pour observer les «cliques» de garçons et de filles qui se forment dès leur arrivée à l’école. La grande différence est qu’ici, aucun parent n’accompagne.  

Et en passant, l'éducation physique ici, ça consiste à se propulser le plus loin possible dans la rivière dans l'espoir d'atteindre l'infini (question d'avoir un congé scolaire). 

 



 




 

 

Ici, on est aussi en plein centre d’une des plus grandes réserves de mangroves au monde. On espérait secrètement se faire kidnapper par des pirates et faire un bond par-dessus le bout du monde; histoire d’être, ne serait-ce que pour un instant, à la merci de ce labyrinthe sur l’eau. 
Mais on se serait probablement vraiment fait enlever (à cause de Simon) par les para-militaires colombiens qui n’attendent que ça pour gagner du terrain.











Nous ne sommes pas resté longtemps à San Lorenzo mais étrangement, ça nous a paru beaucoup plus long que deux petites journées. Comme si on était vraiment passé par Neverland! San Lorenzo nous aura laissé tout chose.





 







Quand on arrive au bout du monde, on se sent un peu comme Forest Gump… on peu pas aller de l’avant mais on ne peut pas pour autant arrêter la course. On a donc reprit le chemin dans le sens inverse : vers le sud.

Destination: La cité perdue de San Miguel