samedi 28 septembre 2013

Finca Rio Muchacho : Coté Jardin


Bonjour à tous et à toutes,

Petites nouvelles rapides pour vous dire que nous avons décidé de rester une semaine de plus à la ferme Rio Muchacho. L'expérience que nous y vivons est très libératrice même si le projet est loin d'être ce qu'on croyait. Mais ça, c'est pour la proxima semana.

Le concept est à la base, pas trop loin de la perfection. À peu près tout ce qui se trouve sur la ferme sert à quelque chose; que ce soit nourrir, construire ou à faire pousser.

On mange des bonnes choses; véritable cure de désintoxication. On vit dans un autre «penthouse» avec vue sur la rivière.



Et notre travail consiste à préparer les «lits» des jardins (bêcher, creuser des trous, etc), faire sécher les graines, planter, s'occuper des nombreux animaux et préparer des quantité industrielles de compost.

Tamarin près pour le séchoir solaire

Le système de compost est d'ailleurs très complet.

Le fumier des cochons est ramassé à tous les matins et placé dans l'un des trois cercles de composts. On y ajoute feuilles mortes et brins de scie (sciure) pour compléter le cycle. Les cercles sont rotatifs, ce qui veut dire qu'on en vide un à la fois et qu'on en remplit aussi, un à la fois. Il y a donc du compost à longueur d'année.


Ensuite, les dizaines de poulets sont lâchés dans cette jungle de ferme et vont se faire un ``fun`` fou a chercher les petits insectes et vers avec leurs pattes de poulets. On a donc pas besoin de mélanger le compost!!! Ces merveilleux oiseaux font donc le travail pour nous.


L'urine et le fumier sont en effet très haut en nitrogène et doivent être balancés avec des agents de carbone pour que la magie s'opère et que le compost puisse éventuellement servir à nourrir et même, à faire revivre la terre.

Un bon ratio de 1/3 de nitrogène et 2/3 de carbone créer un compost qui sent littéralement le bonheur. C'est pas des blagues, on enlève nos gants pour l'étendre sur les légumes et on a presque pas le goût de se laver les mains pour manger.

cercle de compost

Sinon, il y a un deuxième type de compost qui utilise le fumier de cuys, qui sont littéralement des machine à caca ici! Les cuys vivent dans des petites maisons avec un sol en grillage. Leurs «oh-donc-bien-nombreux» cacas tombent donc directement dans les boîtes sous les grillages. Encore une fois, la nature travaille pour nous.

On met le caca de cuys, de cheval et des vaches dans les «worms-bed». C'est du compost plein de vers super musclés nommés «california red». Ces vers coûtent chers mais l'avantage c'est qu'ils sont particulièrement intéressés à se reproduire. Quand on ajoute le super mélange de caca, les vers, qui habitent dans le fond des caisses, montent en flèche et bouffent tous les macroorganismes sur leur chemins et les tranforment en microorganismes en deux-temps-trois-mouvement. Le processus est incroyablement plus rapide que le compostage traditionnel.

Worm-beds (gauche) et maison des cuys (droite)


Nos restants de tables, eux, vont aux cochons. Les chanceux. Ils ont une diète vraiment plus élaborée que ça par contre mais on doit apprendre la recette secrète avant de pouvoir s'en vanter.

Pour le cycle de l'eau, on vous le promet la semaine prochaine, mais on vous promet qu'il n'y a pas beaucoup d'eau qui est perdue en cours de chemin!

Mais en gros, ici, c'est une véritable jungle et on est trop bien pour partir. On apprend beaucoup de choses, les volontaires sont supers, les animaux aussi. Le travail est très diversifié et on a énormément de temps libre; question de profiter de l'environnement unique dans lequel on se retrouve.

À la semaine prochaine!

Simon et Soa













dimanche 22 septembre 2013

Plage, Cowboys et retour à la terre



Bonjour à toutes et à tous,
On tenait à faire un petit coucou supplémentaire parce que nous ne donnerons pas de nouvelles pour la prochaine semaine.
Avant de vous dire pourquoi, voici une petite récapitulation de la semaine qu’on vient de passer.

D’abord, on vous présente Canoa, notre ville d’accueil. Cette dernière pourrait difficilement être plus relax ! C’est d’ailleurs pourquoi on est presque pressé de partir. On a vraiment peur de vouloir rester ici pour le reste du voyage, c’est à ce point là !

Rue de Canoa à l'heure de pointe





Canoa est une ville de surfeurs mais c’est la saison basse alors les surfeurs sont probablement dans une autre ville de surfeurs. Il y a ici probablement plus d’hôtels par mètre carré que nulle par ailleurs sur la planète ! Mais comme les surfeurs surfent ailleurs, tout est vide. C’est comme une ville morte, style far-west avec la mousse qui roule dans le vent et les propriétaires d’hôtels qui sont en attente de touriste comme des croque-morts en attente d’un duel. 





La plage, longue comme pas possible, est remplie de structures en bamboo faites pour accueillir commerces et restaurants ainsi que des types de tentes qui sont supposées servir de parasols en saisons hautes. 


Tout, évidemment, est fermé. Le weekend ça s’anime un peu avec les locaux qui rendent visite mais personne ne s’énerve avec ça. Bon, c'est certain que les  «clubs» sortent leurs gros fusils mais il y a littéralement plus de soirées dansantes que de visiteurs... donc le concert cacophonique des guerres de «speakers» fini raisonnablement tôt. Pour être franc, le changement est presque agréable.

 




















Avec le nombre d’hôtels qui, nous dit-on, doivent être réservés à l’avance en saison haute, Soa et Simon savent pertinemment qu’ils n’auront aucun intérêt à venir faire un tour ici en janvier.

Le bijou de ville fantôme qu’est Canoa à ce temps de l’année deviendra, comme plusieurs autres villes de ce type, un monstre touristique dans quelques mois. Certains cherchent cette ambiance particulière mais nous on est vieux, alors…

Un peu de vie à Canoa
Entre temps, si on aime bien la tranquilité, des fois, on s’emmerde un peu alors on va visiter des villes avoisinantes.

La première fût San Vincente à qui Simon offrit un courtois aller-retour le temps de retirer de l’argent (unique guichet de la région) et d’acheter une tonne de fruits. Vous devinerez que San Vincente n’a rien de très sexy. L’une des raisons est que la moitié des rues se font creuser pour amélioration. Il est donc très possible qu’on vous fasse un tout autre portrait de la ville à notre prochaine visite.
on se prépare pour un concerto
Puis, nous avons fait une petite marche de 7 km sur la plage jusqu’à Briceno, une autre ville fantôme, beaucoup plus petite que Canoa, qui n’a absolument rien de spécial sinon qu’elle attend elle aussi que les touristes bondent sa superbe plage. Les deux restaurateurs ouverts au moment de notre visite étaient en beau maudit qu’on se prennent pour des équatoriens et qu’on demande l’ « almuerzo »(repas du midi à 3$ comprenant une soupe, un poisson et un jus naturel) au lieu de commander une langouste à la planche (15$) comme tout bon gringos qui se respectent.

Sur le chemin vers Briceno, on a la pyramide alimentaire au complet, le « circle of life », version plage : des « conches » par milliers (petits mollusques qui se la « coulent douce » au creux de leurs coquillages en attendant que des petites pinces ou qu’un long bec leur fasse voir la lumière au bout du tunnel.

Ensuite, il y a des centaines de mini-crabes chasseurs de conches qui se cachent dans leur petits trous à la première vibration du sol.  On les comprend parce qu’il doit y avoir six sortes de « long becs » qui semblent connaître le bonheur du crabe autant qu’un pêcheur de sept-îles ! à

Puis, y a les pélicans qui remplissent leur boite de bec avec le banc de poissons au complet. Ça plonge à la minute ces oiseaux là… aucun répit !

Enfin, il y a les vautours... que Simon appelle les charcutiers. En haute mer, on est pas mal certain qu’ils attendent que les baleines meurent pour se faire un festin. Mais sur la côte, c’est les tortues qui servent de repas…




Sinon, on a visité une vrai ville du far-west, Jama ! Faut voir les maisons, les rues, les cactus pour le croire.






C’était vraiment intéressant à voir.


 


 Cette ville est aussi plein de peinture et d'arts; comme si les enfants avaient prit le contrôle: c'est génial!

 



















Et puis, tout près de là, on est aller terminer notre journée à El Matal, un vrai de vrai village de pécheurs qui sent le poisson à 5 km. Autant de bateaux qu’il y a de poissons dans l’océan, cette petite anse semble être une port important pour les villes consommatrices de poissons de la région. Ils travaillent fort ces pêcheurs là en tout cas. Et on les a remercié en se payant la traite chez eux. Plus frais que ça, tu le pêches toi même ! C’est aussi dans nos plans pour les prochaines semaines ! 


Sinon, quelques mots clés pour décrire cette semaine : hamacs, poissons, plage, mer, couchers de soleil, pâtisseries (oula), chocolat (oh purée), lecture, nouveaux amis, beaucoup de fruits !

Et donc, après une semaine de grosses vacances (on en avait besoin), nous avons décidé de retourner toute de suite au travail puisqu’il y a ici une ferme qui offre beaucoup des choses qu’on recherche.

La très populaire finca Rio Muchacho est un projet agro-touristique qui roule depuis plus de 20 ans. La ferme se spécialise en permaculture, a beaucoup d’animaux (des chevaux aussi !!) et est énormément impliquée avec la communauté. 

On vous en reparle sous peu: http://www.riomuchacho.com/

Hasta la proxima! 

Simon et Soa

vendredi 20 septembre 2013

Bye bye Campo, Hola la Costa!





Holà al Mundo !

Grosses et longue nouvelles cette semaine : On a quitté Guantubamba samedi dernier ! Plusieurs raisons ont motivées notre choix de partir une semaine plus tôt. Le froid s’intensifiant a bien entendu joué dans la balance. Mais ce qui nous a véritablement fait réévaluer notre position, c'est le sentiment qu’on n'apprenait pas tout à fait ce pourquoi on était là; soit, des connaissances pratiques en permaculture et agriculture biologique.  


Mais toute expérience de volontariat comporte deux volets; l'apprentissage devrait habituellement être en second plan (même s'il est presque toujours en premier plan). Si tu n'apprends rien, il faut au moins être en mesure d’apporter une aide concrète à la communauté d'accueil. Et comme Guantubamba avait spécifiquement besoin du même type de connaissance qu’on était venu récolter là-bas, on ne pouvait pas faire ça non plus! 

Alors dimanche, le 7 septembre, nous leur annoncions la triste nouvelle que ça allait être notre dernière semaine avec eux. 

Ironie du sort, le lundi, lors d’une session de « bêchage » bien chaude (parce dernière semaine de travail + réputation des Bédard = terre qui r'vole partout !) en préparation à l’ensemencement des okas (type de légume délicieux qui ressemble à la patate, est semé de la même manière mais n’en est pas du tout une) ; la maudite tendinite de Simon est revenue le hanter.

La semaine allait être longue. Douleurs physiques et morales (symphonie de coupage de cebada et de « mangeage » de patate) pour Simon et Soa.

Rectification très intéressante : ce que nous avions, tout deux, confondu pour de l’avoine (ignorance du citadin ?), la cebada, est en fait de l’orge ! Ce grain, jadis maudit (la semaine dernière) est, comble de bonheur pour Simon, l’ingrédient privilégié à la confection de tout bon scotch ! 



Plusieurs secondes de questionnement existentielles seront nécessaires (sarcasme) pour déterminer s’il vaudra la peine d’au moins tenter l’expérience…David ?


 

Donc, grand départ samedi matin. Notre famille au complet est levée à 6 am. Notons que c’est la journée de congé de la famille !!
C’est émouvant !


On part tôt parce qu’on a quand même un gros 444 kilomètres équatorien à parcourir. Et on est sur le point d’en avoir un peu plus pour notre argent.



Notre itinéraire espéré pour la journée : Pujili-Quevedo-Manta



À Pujili, on attend le bus jusqu’à ce que le premier nous passe à toute vitesse dans la face. Il était plein à craquer, pas question d’arrêter pour deux gringo-escargots (parce qu’on porte littéralement nos maisons sur nos épaules).  

Le deuxième ne vient jamais… 2h30 après notre arrivée, on décide de faire un petit détour vers Latacunga, capitale de la région, à 30 minutes dans le sens contraire de notre destination. C'est le point de départ de notre autobus fantôme.

On ajoute donc 1 hr à notre épopée mais aucun autre choix si on veut un jour avoir une place vers Quevedo. Il y a des moments comme ça où on doit faire quelques pas en arrière pour mieux avancer !


À Latacunga, on a juste un beau sourire à faire et c’est parti ; places 38 et 39.

Petit problème, il y a 30 places dans le véhicule…

« Todo esta bien », nous assure le placier en nous indiquant deux sièges inoccupés (places 26-27).

Une minute plus tard, six personnes supplémentaires monte à bord, elles aussi équipées des numéros de sièges inexistants.
Une erreur ?

« Todo esta bien », répète le placier ! Restez debout et vous aurez assurément une place en temps et lieux !

Le monsieur est clairement en sérieux contrôle de la situation ; mais on pense qu’il est peut-être aussi un peu dyslexique avec ses chiffres (tout notre respect va à la communauté dyslexique !).

Il faut noter par contre que ce n’est pas, tous les passagers qui allaient rester dans l’autobus pour les 5h30 de voyage jusqu'à Quevedo. 

Mais on sourit quand même à Jesus pour nous avoir garder des places. 



Cinq heures et demi pour faire 160 km… du jamais vu ; littéralement, on a rarement vu quelques choses d’aussi beau. La route, qu’on appelle la Quilota loop, zigzague pendant des heures, au creux des montagnes, où se cachent des dizaines de villages absolument magnifiques ainsi que le lac Quilota.

 On était pas au courant de tout ça, parce que sinon, on aurait prévu notre passage autrement.  

Désolé, pas de photos prise par nous, le bus roulait un peu trop vite pour ça ! De toute façon, faudra revenir respirer la bonne humeur des gens et pour discuter avec les montagnes. 

Depuis la Quilota loop jusqu'à Quevedo, le bus se trouve à avoir dégringolé plus de 3000 mètres. C’était incroyable de voir, en accélèré, le changement de climat et de paysage.

Soa aime beaucoup les batidos à l'aguacate (avocat)

Tout en haut, on fumait presque de la bouche tout en chatouillant le soleil tellement il semblait au bout des doigts.
Et tranquillement, perdu dans une brume de nuages éternels, paraissant être figé dans le temps, la cîme des plantations de cane à sucre, commençait rapidement à nous faire saliver les lêvres.

Et quand enfin le niveau de la mer fût atteint, bien qu’encore à plus d'une centaine de kilomètres de l’océan Pacifique, c’est l’air allourdi des palmiers et des bananiers qui s’étalait soudainement sur une distance incroyable.

On ne vous cache qu'après la fraicheur de nos nuits cimentées dans le « campo », ce fût presque euphorique de retrouver un peu de chaleur. Mais le bonheur a toujours des petites anicroches. Prenons par exemple, le mur infini des plantations de bananes en pseudo-plastique qu'on retrouve dans de nombreux pays du sud. 
Afin d'éviter de trop vous casser la tête, on vous garde le bref historique du terme «  République bananière » pour la fin de capsule !  

Entre temps, nous sommes arrivé à Quevedo avec un brin de retard sur notre horaire initial et avons décidé de passer la nuit dans un « love motel » en face du terminal de bus.

Le matelas était ferme et touchait presque au plafond. Un changement apprécié après trois semaines sur une planche de bois 5 étoiles.

Et pas besoin de faire un feu pour chauffer l’eau de la douche ; elle était bien froide, juste comme on l’espérait après un long voyage dans un bus à débordante capacité.

Aucun restaurant ouvert par contre. Alors, on s’est payé du gros luxe : une conserve de thon qu’on a décoré d’une tonne de légumes, d’une brique de fromage et d’une montagne de croustilles de plantain.

Le lendemain matin, on repart pour un tour. 

Second gros détour; on ne passera pas par Manta. On monte plutôt vers Santo Domingo. 

De là, les compagnies de transport se battent pour nous vendre un billet pour Canoa, notre nouvelle destination finale. Un petit coup d’œil sur le billet, qui indique Pedernales ( à 2 hr et demi au nord de Canoa), sème le doute. Mais Simon se fait répéter par le chauffeur qu’on va bien à Canoa.

« Todo esta bien ! »

Bien entendu, il faudra repayer un nouveau billet à Pedernales mais le temps de changer nos escargots de bus et d’acheter 20 clémentines pour 1 $ et nous voilà reparti !

Au terme de cette longue aventure sur deux jours, Soa et Simon apprendront de nombreuses leçons de couple et de voyage.

Par exemple : Simon aime bien regarder le paysage pendant que Soa ronflonne au moins la moitié du voyage. Ce qui fait que lorsqu’on se rend compte, 30 kilomètres trop tard, qu’on a manqué son arrêt après 9 heures de route cette journée là, Soa aura un malin plaisir à accuser Simon d’être dans les nuages et Simon lui, accusera Soa d’être « sur » un nuage ! 


Investissement potentiel #1





Investissement potentiel #2
























Route envisagée au départ du voyage :
Premier journée : Guantubamba-Pujili-Quevedo-Manta
Deuxième journée : Manta-Canoa

 

Route réajustée :
Première journée : Guantubamba-Pujili-Latacunga-Quevedo (en repassant par Pujili)
Deuxième journée : Quevedo-Santo Domingo-Pedernales-San Vincente (en passant par Canoa)-Canoa



Distance envisagée: 444 km

Distance parcourue: 527 km


Arrivée envisagée à Canoa : Dimanche vers Midi

Arrivée réajustée à Canoa : Dimanche, 18h30




Mais tout qui fini bien ! On s’est trouvé un poulailler tout chaud pour pondre notre fatigue de campesino ! Une chambre privée avec toilette partagée. Son prix : Dix merveilleux dollars la nuit. Et nous avons même accès à la cuisine, cher(e)s, ami(e)s !

Rue de Canoa


On ne sait pas combien de temps on va rester sur la côte mais pour l'instant, Soa dit encore avoir les orteils engourdis d'avoir porté des bottes tous les jours... donc, ils ont besoin d'un peu plus de liberté!  

Mais on est pas en vacances! L'objectif des prochaines semaines: trouver une organisation qui pourrait nous parrainer pour notre visa! On vous revient la dessus!
Spartinette qui se dégourdit les orteils
Ne manquez pas notre prochaine capsule; on vous parlera de plages!

Et vous aurez sous peu une chronique bonus intitulée : Le prix des choses en Équateur ! 

Besos !

Soa et Simon

Au revoir Guantubamba



Avertissement : Cette partie n’est pas pour les cœurs susceptibles. Mais les femmes enceintes, les enfants et les estomacs fragiles ne devraient définitivement pas s’abstenir. 


LA RÉPUBLIQUE DE LA BANANE

Contrairement à la croyance populaire, le terme n’est pas né d’un type de dictature typique aux pays producteurs de banane. En fait, oui… c’est exactement comme ça que l’expression a vu le jour ; mais pas du tout comme vous pourriez l’imaginer.

Pendant tout le début du 20ème siècle, la United fruit compagnie, une méga entreprise de Banane installée au Honduras, orchestre et finance de multiples coups d’état partout en Amérique centrale et ailleurs. Ces intérêts ont, bien entendu, été appuyés et défendus par le gouvernement américain. 

Son règne s'étend alors sur des milliers d'hectares de terres cultivables un peu partout au Sud. D’ailleurs, les terrains de productions sont tellement grands qu’on les compare littéralement à des états. 

Jusqu’à la fin des années 80, des gardes armés empèchent ou taisent les rebellions des travailleurs sous-payés ou des communautés productrices de bananes qui se plaignent de ne pouvoir compétionner devant de tel monstre. 

Faut pas niaiser avec les producteurs de bananes (ou avec les étrangers installés ici!)


Aujourd’hui, l’oligopole se déguise en trois transnationales fruitières américaines ; Dole, Chiquita et Del Monte ; qui contrôle 60% de la production mondiale. 

Depuis une quarantaine d’années,  celles-ci utilisent de moins en moins la violence et le répression aux fins de contrôle puisque, premièrement, c’est mal vu par une communauté internationale plus connectée et critique que jamais mais surtout, parce qu’elle n’ont simplement plus besoin de le faire. Les paysans qu’on a balayé au fil des années, ont longtemps perdu l’énergie ou l’espoir de récuperer leurs terres et de voir la situation s’améliorer. 

Ces paysans ont accepté le règne de ces mini-états entrepreuneurials comme étant une fatalité. Beaucoup sont maintenant employés par l'instance même qui a jadis mis leurs familles d'agriculteurs en faillite.

Voilà d’où vient l’expression : République bananière.

Entre temps, ces compagnies tentaculaires, qui sont distinctes et qui pourtant agissent comme un oligopole sur le marché mondial, ont réussi à crée une banane « standard » qui serait plus propice à l’exportation.

Aujourd’hui, les « grappes » de bananes sont emballées dans des sacs, ce, dès leur apparition sur l’arbre, afin de contrôler leur croissance trop rapide sous le soleil. Une fois à grandeur acceptable, et pourtant, bien avant leur maturité, les bananes sont détachées de l’arbre, placés dans des conteneurs à proximité et directement envoyé par bateau vers les pays importateurs ; tout ça, sans jamais sortir du sac.

Pour certains d’entre vous, ce processus paraîtra économiquement nécessaire mais d’un point de vue agricole, cette technique de production va tout simplement à l’encontre du cycle naturel du fruit. De plus, la grandeur inimaginable des récoltes force une utilisation démesurée de pesticides ; ce qui pollue énormément l’environnement et la santé des communautés vivant autour des républiques bananières. Sans parler bien entendu de la santé des consommateurs.

L’Équateur, vous l'aurez deviné, n’est malheureusement pas à part. L’exportation de la banane a longtemps été la première exportation du pays et se retrouve aujourd’hui au deuxième rang derrière le pétrole et devant la crevette (celle-là, vous en entendrez parler prochainement).

Tout ça pour vous dire que l’amertume que nous ont procuré ces océans de bananes « précuites », a réussi à nous rappeler l’importance de notre mission. C’est la raison pour laquelle on a aujourd’hui ressenti le besoin de commencer à faire passer notre message.
Certains d’entre vous préfèreront passer par dessus certaines informations, d’autres agiront en conséquence lors de leurs achats au supermarché. Certains argumenteront, avec raison, que cela fait rouler l’économie des pays du sud (Nous nous ferons pourtant le plaisir de réfuter cet argument en temps et lieu !).

On ne peut possiblement toucher tout le monde et nous n’avons pas non plus la prétention de nous croire capable de le faire. 

Pour l’instant notre objectif avec ce projet de vie ambitieux est de vous garder informés pour que vous puissiez faire des choix alimentaires véritablement conscientisés. 

Le choix restera toujours le vôtre. 

Vous être libre de juger notre information comme étant biaisée ou notre argumentaire, comme manquant de crédibilité. Il n’en reste pas moins que vous aurez davantage la capacité de critiquer ; que ce soit nos points de vue de «hippies» ou certaines de vos routines de consommation plus malléables que vous ne le croyez.

Mais entre-temps, la banane, qu’est-ce qu’on en fait ?   

Il n’y malheureusement pas une quantité innombrable de solutions pour ceux et celles qui voudraient faire un choix plus sain et responsable.

La meilleure option, nous vous le répéterons souvent, c’est d’acheter vos fruits localement et en saison, lorsque cela est possible. 

Notons qu'acheter une banane équitable ou biologique de Dole est, à notre humble avis, simplement absurde puisque la distance entre les deux champs ou encore le pourcentage de production équitable d'une telle compagnie est ridiculement bas.

Mais comme vous, nous pouvons difficilement se passer de nos fruits tropicaux. D’ailleurs, pourquoi pensez-vous que nous avons choisi l’Équateur ?

À notre connaissance, la seule banane qui mérite d’être acheté au Québec est la banane Equicosta. Elle est biologique et socialement responsable. 

Oui, elle vous coutera presque le double (on parle ici de cents !) que la banane avec 8 yeux dont on vous a fait le portrait ci-haut mais nous vous prions de prendre quelques secondes pour vous posez cette question : Quel est le poids véritable de la banane dans mon budget d’épicerie ? Combien me coute la viande, la bière, le vin, le fromages ou même les céréales ?

Nous vous assurons que la banane, du moins son prix, sera le dernier de vos soucis... 

Et si on est pas assez sérieux pour vous, peut-être que le Devoir saura vous convaincre: http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/277670/changer-le-monde-une-banane-a-la-fois

dimanche 8 septembre 2013

Que Che-vere ! (So cool!)





Très mauvaise qualité mais les 2 volcans, Chimborazo à gauche et Cotopaxi à droite

Hola todos ! 


Déjà deux semaines de travail de complétées et on en a appris des choses ! Par contre la dernière semaine était beaucoup moins diversifiée que la première. Mais ça, ça fait partie de la vie campesina.

À gauche, notre village: Guantubamba
Une chose est certaine, maintenant, on connaît toutes les étapes de transformation de la « cebada » (avoine), à l’exception tragique de l’étape finale pour la consommation ; le « machica » qui sert à faire un des nombreux et toujours délicieux « cafecitos» dont on vous fera le topo un peu plus loin.. En passant, autre fait malheureux, ni l’avoine, ni le blé qui pousse ici ne voit sa vie se terminer en miche de pain ! Il faudra se magasiner une finca qui se spécialise en pain pour faire ça. Une chose est certaine, on a eu le temps de prendre en note les premières étapes.

Cebada et le volcan Chimborazo

Bon… comme on est au temps des récoltes, on ne peut pas se vanter d’avoir planté la cebada mais on l’a, évidemment, récolté de façon plus ou moins répétitive puisque on l’a fait dans presque toutes les familles. Toutefois, la cebada pousse différement dépendamment de comment on l’a plantée. Elle peut donc être mélangée avec d’autres cultures, cela ajouta sérieusement au défi de la récolter. Elle peut être aussi coupée en partie pour les animaux (seulement la tête de la cebada est donc minutieusement coupée) ; le reste servira à nourrir les bêtes. Enfin, elle peut être coupée pas mal n’importe comment si elle sert à  la revente.

 
 
Mais dans la plupart des cas, on coupe la tête seulement dans le but de la taper ardemment pendant des heures et des heures. L’objectif est de casser les têtes pour en récolter les graines. D’ailleurs, le processus est le même qu’avec les haricots séchées que nous vous avons présenté la semaine dernière. Par contre, ici, on ne sèmera pas la cebada ; on la consommera.

Et donc, on a fait ça toute la semaine et on se sent déjà comme des petits vieux. Mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle on ne rajeunit pas ici.



Au menu cette semaine : La patate !

Ici, si l’alimentation pourrait être quand même assez variée, la situation économique oblige à restreindre l’alimentation au légume qui comble tout ; la patate.
Et comme on a pas trop le temps d’en faire un plat, on la mange, habituellement, en soupe.

La moyenne, deux soupes et demie par jour ; parce qu’il nous est arrivé d’être chanceux et de manger des patates frites ou encore des patates cuites sur du riz.

Mais la palme va au petit déjeuner de roi où on s’est fait offrir des patates sur des pâtes (ici faite de blé) sur du riz. Et n’imaginez pas qu’on s’en fait pour la sauce ici, dans le campo. Depuis cet instant glorieux, Soa et Simon ont fait leurs gringos et se sont permis une bouteille de sauce piquante…

Désolé, on est pas si campesino que ça !
Donc pour ceux que si le demande, la réponse est non ; le six-pack de Simon ne va pas très bien !

On aime beaucoup les soupes par contre. Elle consiste habituellement d’un type ou autre de « polvo », poudre faite de différents grains cassés (comme présenté ci-haut), de patates, de pâtes (pasta) de blé et, si on est chanceux d’une carotte ou d’un oignon ou d’un poignée de gourganes.


The king: El Cotopaxi
On boit beaucoup de lait ici, grand changement par rapport à notre vie québécoise de lait pasteurisé aux rayons X. En effet, contrairement à la croyance populaire, le lait frais n’a pas l’arrière goût délavé du lait pasteurisé et contient encore toute sa valeur nutritionnelle. Quoi ? Va bien falloir commencer à vous embêter avec les vérités du système alimentaire mondial à un certain moment ! 


Nuestra casa

La chambre :
Comme on vous le présentait la semaine dernière, les parents de la famille nous ont littéralement laissé les clés de leurs condo penthouse avec vue sur la mer.

Spacieux une pièce, planté de quatre murs de béton froid et d’un plancher de terre traditionnel équatorien (mais qui semble pourtant avoir été importé d’un 4 février québécois).

Par contre, ce qui refroidi véritablement la pièce, c’est notre « pas de plafond ». Entre la toile de métal qui sert de toit,  des moitiés de planches de bois aussi mince que notre matelas, permettent en effet une isolation du tonnerre.

Notons que le trou dans la fenêtre pour faire passer le fil de la seule prise électrique de la chambre n’aide pas beaucoup.

Pour le lit, faut lire le blog précédent !

Plusieurs meubles décorent l’endroit. Devant la seule fenêtre, mais ne bloquant en rien la lumière glorieuse, se tient une étagère rustique sur laquelle on découvre quelques radios, télés et lecteurs de vinyle clairement désuets (quel malheur) ainsi qu’une boite remplie de pamphlets adventiste, la version locale (ou colonisée) de la religion catholique .

Une machine à coudre est hôte à nos articles de toilette. Une grande table de chevet est l’heureuse réceptrice de nos possessions intellectuelles ; tels que l’ordinateur principal de notre ménage ainsi que les cours d’espagnol de Simon.

Enfin, une énorme étagère miniature transformée en tête de lit nous sert de bibliothèque (même si nous avons a peine le temps de lire) ainsi que notre garde-manger personnel.


La cuisine/salle à manger :
Particulièrement modeste et rustique, la cuisine et salle à manger sont définitivement fonctionnelles. Dotées à la fois d’un petit four à gaz et d’une spacieuse surface de feu de bois, elle peut simultanément cuire une grande soupe pour 6 personnes, chauffer de l’eau pour se laver, préparer un délicieux cafecito et cuire des « tostados » (gros mais éclaté ; N.B. À ce jour, nous avons dégusté 3 types de mais différents, chacun préparé de plusieurs façons différentes). 







Il y a deux comptoirs mais aucun meuble. De nombreux espaces de rangement servent à accueillir fourneaux et casseroles de toutes les grandeurs (certains sont même aussi gros que la marmite de Panoramix !). Un petit meuble rotatif sert à protéger les fruits et légumes des mouches potentielles mais aucun frigo n’est ici nécessaire à la conservation des aliments ; même pas le fromage ou le lait. Il fait en effet quand même assez froid ici. Côté positif : pas de moustiques, de coquerelles ou même de souris. 


La nouvelle passion de Soa


La machine à laver :
A l’extérieur se trouve une énorme bassine d’eau qu’on rempli le jour où on a l’eau courante. De chaque coté se trouve des plaques qui permettent de frotter et de rincer les vêtements le samedi, jour du Seigneur (congé) pour les gringos.
Processus long et pénible et pourtant un rappel de notre catastrophique consommation d’eau en Amérique du Nord (tout spécialement au Québec).

La toilette/douche :
Simplement sans commentaire. N.B. C’est pourtant la plus propre du village.

Les animaux :

Les coqs: (qui étrangement, sont extrêmement ponctuels) Ceux-ci commencent, en effet à chanter la pomme à leurs voisins, à 4 hr du matin précisément. C’est étrange parce que dans les autres endroits visités par vos aventuriers (quelques-uns quand même), ces satanées volailles n’ont habituellement pas d’heures pour cracher. 

Ver de patate qui fait des sit-up

Les poules qui dorment dans les arbres et qui sont tellement libres qu’il est pratiquement impossible de trouver où elles cachent leurs œufs.

Les chiens ;  Choco, Negro, Simon Bolivar et Princessa Soa (nouveaux arrivants).  Les deux premiers sont, selon Simon, complétement fou. Quand une vache se sauve, ils vont en effet tout faire pour la faire courir vers le ravin au lieu d’aider leurs maîtres à la récupérer. Negro, le plus fou, semble littéralement avoir adopter les bébés chiens et son insanité s’en porte mieux depuis. Ah, la zoothérapie !!

Simon à grande vitesse sur Burrito

L’âne, affectueusement nommé Burrito par Simon 
(parce que les équatoriens, comme la plupart des peuples du monde, trouve ça complétement absurde de donner des noms à leurs ânes) est fort, fier et sans complexe. Son chant de canari, en unisson avec les coqs, retient à tout coup l’attention de la pitoune d’ânesse de la voisine ; qui lui répond à chaque fois de sa voix angélique.
David et Lazar, vous serez plein de joie d’apprendre qu’un bébé âne ne coûte que 15$ ici.





Les cuys (prononciation : Couille) :
Méchants gros cochons d’Inde voués à la revente ou à la consommation personnelle. Étant une délicatesse nationale, leur destin tragique fait pleurer Soa une nuit sur deux. Fait cocasse pour apaiser la peine que vous partagez avec elle : ces petites bêtes tiennent leur nom charmants du bruit qu’ils émettent en permanence : couille, couille, couille !

Les lapins :
Même business que les cuys, même destin cruel mais environ 8 fois plus gras. On est presque certain que l’idée complétement débile du fameux lapin de Pâques à grandeur d’homme vient de l’Équateur.

Sur cette note merveilleuse, on vous dit à la semaine prochaine les lapinots et lapinettes !

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Au marché de Pujili

 

Au centre, vieille dame (jeune fille) avec son bébé raton- laveur



Soa au bout du monde


Simon dans la fameuse Camionetta! C'est plein, ça roule vite et c'est plein d'amis!