dimanche 1 septembre 2013

Une semaine dans le Campo!

Bonjour à toutes et à tous,
Wow !  C’est sans aucun doute le premier mot qui nous vient à l’esprit pour décrire notre première semaine de « Campo ».  Ici, on vit à la dure, une nouvelle expérience par jour. On est arrivé en plein hiver mais il fait froid surtout la nuit et y a de la neige que sur les deux volcans qui sont bien en vue d’ici lorsque le ciel est clair (le matin !).  Soa est contente d’avoir son « horno » pour dormir. Sinon, l’espagnol de Simon s’améliore de jour en jour. Ici, c’est le test ultime et il a des cours gratuit à chaque jour.

On a roulé un petit 3 heures et demi d’autobus de Quito à Pujili, la grande ville la plus proche de notre destination finale. Mais pour arriver ici, il nous a d’abord fallut« bargainer » avec des taxis officiels qui ne connaissaient même pas le village où on allait et des taxis non-officiels qui nous chargeaient pas en dessous de 8 dollars (une fortune ici !) Tout à coup, une petite madame descendu du ciel, qui « chillait » sur son trottoir, nous recommande (en ce qu’on croit être une mélange d’Espagnol et de Quichua) de se payer du luxe (0,50 $ chacun) dans le « trunk » d’une camionnette pour la dernière demi-heure de voyage.

Une partie de notre village; la photo parfaite des volcans dans le prochain blog

Le froid perçait nos larmes d’émerveillement devant le paysage montagneux de notre nouveau « Campo » couronné par le volcan Cotopaxi.

Le chauffeur savait exactement où on allait, du moins, on en a pas douté jusqu’à ce qu’il nous débarque devant un chemin de terre et qu’il nous indique de l’escalader jusqu’à la dernière maison.

Rendu là…il y avait tellement rien qu’on a commencé à sérieusement considérer se sculpter une tente avec un canif. Nous appelons plusieurs fois dans le vide, devant une des maisons les plus modestes que nous avons vu de notre vie. Pas de réponse. Quand soudain, on aperçoit une jeune fille transportant sur son dos, un gallon d’eau, dans chacune de ses mains, un sceau rempli de la même substance, qui accourent dans la terre molle du champ derrière sa maison.
C’était Blanca, notre nouvelle petite sœur.





On travaille dans la communauté de Guantubamba (officiellement ….) pour un regroupement de 4 familles bien différentes.

Il y a notre hôte, Dona Maria Avelina, son mari Segundo (qu’on ne voit que la fin de semaine ; parce qu’il est forcé de travailler à 2 heures d’ici ; situation récurrente depuis la crise financière et de la dollarisation forcée ayant frappé le pays au début du millénaire) et leur superstar de fille, notre guide au village ; Blanca.


Avant, il y avait une maison pour les volontaires mais c’est un des fils qui vit là avec sa femme donc Avelina et sa famille nous ont cordialement prêté leur chambre ! Ça consiste en quatre spacieux murs de béton bien froid, une véritable panoplie de petites richesses de paysans et un grand lit doté d’un matelas plus mince que la planche de bois qui le retient. Pour le plaisir des parents de Simon, c’est la version double du lit au monastère de Bulgarie. Un mois la dessus et on aura le dos droit comme notre planche de matelas !

Il y a une cuisine très rustique, sans four, sans eau chaude (en tout cas pour l’instant) dont on  peut se servir supposément quand on veut. On dit « supposément » parce qu’on mange tout le temps ensemble (avec la famille) et qu’Avelina est vite sur le piton pour nous préparer à manger.

La cuisine a une particularité intéressante ; c’est la seule place où on peut trouver un peu de chaleur après une dure journée de travail. En effet, on fait chauffer l’eau pour la douche ou le repas à l’aide d’un feu de bois. Vue la grandeur de la cuisine, on s’emboucane sérieusement mais ça commence à être une odeur qu’on aime bien trainer avec nous… parce qu’elle nous rappelle littéralement le sentiment de chaleur.
Soa qui fait les cheveux de Blanca
Avelina qui fait les cheveux de Blanca





La deuxième famille est celle de Don Riberto, sa femme Joaquina et ses enfants Nicole, Cynthia (cousine en visite de Quito) et Kevin. 
On a beaucoup travaillé avec eux, mais ça, on vous en reparlera un peu plus loin.




La troisième famille est celle de Gloria et ses 9 enfants. Ils ont la business de patates du village et sont malheureusement, à ce qu’on s’est fait dire, les seuls à utiliser des intrants chimiques. C’est terrible parce qu’étant en haut d’une colline, presque tous les producteurs locaux s’en retrouvent contaminés. Ces produits voyagent en effet à des distances considérables, que ce soit par le vent,  la terre ou l’eau. Néanmoins, les habitants du village ne semblent pas connaître ce phénomène et sont ironiquement fiers d’être organique à 100%.

Ça va sembler extrémement stéréotypé mais avant même de savoir ce fait, on avait un drôle de feeling par rapport à cette famille… comme si on se faisait exploité un petit peu. Vous comprendrez pourquoi un peu plus loin, quand on fera la description de nos expériences quotidiennes.

La quatrième famille est celle de Dona Magdalena, et son mari Jacinto. On les connaît très  peu car nous n’avons que travaillé quelques heures chez eux mais il sont pas mal cool. Magdelena est la plus agée de nos partenaires et elle adore Soa, ça n’a simplement pas d’allure !

Bon, maintenant ; petite récapitulation de notre première semaine dans le « Campo » .

Lundi : on arrive vers 15h, trop tard pour travailler. Blanca nous fait faire une petit tour du village qui, comme tous les villages de la région, est fait sur le long ; à cause de sa situation géographique montagneuse. On y retrouve une « tienda » ; petite boutique de type « dépanneur » qui offre pain, œufs, biscuits, noix et tralala, une école primaire et des champs, et des champs et des champs de toutes les couleurs et saveurs.

Blanca nous amène donc à l’un des terrains de sa maman, à environ 1 km de la maison ; à raison de montées et descentes vertigineuses bien entendu. On y apprend déjà à servir de l’eau à 3 des 5 vaches de la famille et à les déplacer pour qu’elles puissent manger. Le déplacement n’est pas aussi facile qu’il pourrait paraître. Il faut en effet s’affairer à sortir du sol le pilon qui les retiennent au bout de leur corde, et de le replanter à coup de marteau rudimentaire, bout de bois ou roche.
Première ébauche d’une Spartan Race, style campesino !

Mardi : le matin, on va nourrir et déplacer les vaches d’Avelina et on se retrouve, comme par hasard sous le pie de celles-ci. Simon n’a toujours aucune idée de ce qu’il fait mais Soa, elle, à l’air d’avoir fait ça toute sa vie ! On vient de s’assurer notre source de calcium quotidienne !
À midi, on rencontre la famille de Riberto, chez qui on va couper des herbes pour les vaches laitières. L’herbe favorisée, la hierba luisa, est excellente pour la production de lait. D’ailleurs, à notre connaissance, Joaquina, la femme de Riberto, est la seule productrice de fromage local. L’herbe coupée est placée dans des sacs de patates de 50 kilos et on nous descend un âne pour monter notre labeur le long des 500 metres de distance, à une élévation d’environ 50%. Simon est bien heureux d’apprendre les rudiments de « seller » un âne. C’est pas tout à fait facile !


Soa qui trouve, enfin, le béluga de la chasse aux trésors de l`ile aux coudres

Mardi soir, en allant déplacer les vaches d’ Avelina, Gloria nous attrape et nous offre de « bécher » un sac de patates pour nous même. Cadeau empoisoné pour deux raisons ; c’était une manière de nous faire travailler 10 heures le lendemain et… Simon devait bien entendu ramener le sac de patates à la maison, 2 km plus loin.
Deuxième épreuve d’une Spartan Campesino



Mercredi : Bonjour les patates !! 
Le mercredi, on se pointe à 8h, après avoir été nourrir les vaches bien sur. Béchage et ramassage de patates accroupis dans la terre toute la journée. Sur papier, c’est quelque chose qu’on voulait vraiment faire mais nous vous assurons que nous ne nous lancerons pas dans le business de patates.

Dur labeur pour un légume, qui nous comprenons, rempli la pense mais qui nourrit très peu !
Sur notre départ, une dernière petite tâche toute simple : trier des milliers de patates par grosseur pour la revente.

Troisième épreuve de la Spartan Race : Bécher un champs complet de patates, les ramasser simultanément dans la terre, remplir les sacs pour l’amener à l’air de triage, vider les sacs pour triage, remplir les sacs triés et trainer 2 sacs de 50 kilos jusqu’à la maison, 2 km plus loin.

Le comble : Gloria nous demande de venir le lendemain.


Jeudi : En allant faire les vaches le matin, on se fait dire par Avelina que l`arrangement des volontaires est: une journée par familia. Quelle déception, pas de patates aujourd`hui! Gloria aurait donc essayé de nous en passer une bonne! 
On retourne voir Joaniqua pour aller couper de la hierba luisa en bas de la côte! Mais cette fois, pas de  «burro »; l`âne aujourd´hui, ce sera Simon ! Deux sacs le matin, deux sacs le soir.

Quatrième épreuve: le dos d`âne dans les montagnes !




Entre temps, on est allé manger chez Joaniqua et on a appris a faire du fromage!! Oh yeah! Plus de calcium!!

Vendredi: Journée assez tranquille. Le matin on accompagne Avelina et Blanca au marché de Yacubamba, le village le plus proche (5km à pieds avec un sac de riz sur le dos; des vacances quoi!). Le sac de riz, c`est pour troquer contre des fruits et légumes!

On reviens avec encore plus de trucs à trainer! La vie est belle!

En après-midi, on arrête de niaser, on part à la rencontre de Doña Magdalena. Une merveille de femme qui nous fait taper sur des haricots sèchés tout l`après-midi. Pourquoi? Parce qu`au sein de ce qui semble mort, se trouvent des milliers de graines qui seront plantées dans un mois pour redonner la vie à de nouveaux haricots.









Le processus est long mais d`autant plus inspirant et révélateur des secrets de la vie. Rien ne se perd ici. 

Samedi: Premier jour de congé! Au menu: omelette et lavage de linge, soupe au quinoa et occupage de vaches. Petit problème... quand on arrive sur place, il n`y a pas d`eau qui sort des tuyaux. On doit donc aller chez le voisin le plus près; un bon kilomêtre, pour remplir nos sceaux sans poignée. (cinquième épreuve ?)
S`en suit une épopée à travers les champs montagneux qui saura rendre notre journée de couple encore plus romantique. 

That`s it pour aujourd`hui. Sachez qu`on aura internet seulement le dimanche, qu`on a de serieux problèmes de téléphone mais qu`on va bien bien bien! 

Ps Marco, Guillaume, Claudou et tous les autres spartans et spartinettes qui nous lisent, Simon fait dire de regarder vos arrières parce que son 6 packs de campesino commence à fumer!
















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