mardi 3 décembre 2013

Cuenca


Hola chicos !

Enfin des nouvelles!!!

Cette semaine on recommence l’Équa-roulette ! Cette fois-ci, on fait tourner notre cobaye tellement rapidement que son doigt étourdi tombe sur Cuenca , la troisième plus grande ville de l’Équateur!

On est content ! Un peu troublé par le prix du voyage (le double de la moyenne équatorienne) mais sur un nuage malgré tout parce que ça fait longtemps qu’on veut la rencontrer celle-là (la ville) !

Le petit quatre heures de bus dans les montagnes en vaudra la peine.
Époustouflant!

Ici, notre autobus s’envolera plutôt que d’escalader une montagne. On cherche encore les ailes et le bruits des moteurs aériens.

D'ailleurs, on aura l’impression de flotter tout le long de la route ennuagée.

Ici, on surf littéralement sur une grosse vague tout le long de notre ascension dans le ciel.
Et quand enfin, on se retrouve au dessus des montagnes environnantes, les nuages ont des airs de restant de feux de forêts. Mais la fumée ici n’est pas liquide et grise comme celle d’arbres en feu. Elle est dense et moelleuse comme celle de petits groupes de tornades un peu endormies. Des tornades faites d’oreillers emplumés, tourbillonnants au ralenti dans le ciel montagneux.
 
Si ce n’était de la différence de couleurs, ce serait difficile de faire la distinction entre les arbres et les nuages. En fait, les nuages, à cette altitude, semblent plus réels que les arbres avec lesquels ils planent.

Un peu comme si les rôles étaient inversés.
 




Ici, les couches de nuages semblent verticales et non horizontales.

Les arbres quant à eux sont plats comme des tartes.


On est aussi surpris de la richesse de leur feuillage. C’est comme si cette constante brume sans soleil les écrasait constamment vers le sol mais en les nourrissant d’une eau vitaminée par le soleil invisible.

Ici, les cimes des montagnes solitaires rappellent des icebergs dans un océan de nuages. 
 
Et juste quand on pense que notre vaisseau sur roues va s’écraser sur la glace forestière comme un Titanic dans les montagnes, l’autobus-bateau-avion se fait une fois de plus dévorer vivant par ces monstres d’eau condensée.
 
Maintenant et pour ce qui semblera une éternité, on ne voit plus rien ; pas à plus de dix mètres en tout cas.

C’est comme ça qu’avant même d’arriver à Cuenca, on a l’impression de se diriger directement dans un petit rêve sur terre.
À notre arrivée à la gare, Simon s’en va toute suite flirter avec la dame du centre d’information. La récolte est bonne.

Le temps d’un petit détour par l’aéroport (1.5km de la gare), question d’impressionner Soa avec des avions qui s’envolent, qu’on décide de flirter avec le transport en commun de Cuenca.
Deux jours plus tôt, Cuenca inaugurait fièrement son nouveau système de metrovia (bus avec voie reservée). Rien n’est plus excitant que d’être un cobaye du transport !  On embarque là dedans. Ébahi de voir une machine qui ramasse la monnaie (absolument tous les transports en commun de toutes les villes et villages du pays fonctionnent avec une équipe de deux lurons ; le chauffeur et le ramasseur de monnaie), Simon y «pitche» un dollar … qui tarde à rendre la monnaie.

Autre explication. Le coût du transport en commun dans les grandes villes de l’Équateur est de 25 centimes par passage. Pas d’exception ! PAS D’EXCEPTION ! Et pourtant, le chauffeur marmonne à Simon d’aller s’asseoir. On fait donc le constat que le nouveau système tout neuf de transport de Cuenca doit être financé par quelqu`un !

Sauf que dix minutes plus tard, quelques coins de rues avant notre arrêt, un jeune homme vient nous rendre notre monnaie.

Un peu confus mais choyés, on comprend trois choses : la machine ne rend pas la monnaie, le chauffeur attendait un passager avec 50 centimes pour rééquilibrer son karma et enfin, les gens des Cuenca sont honnêtes !

Rendus à destination, on se dirige vers la porte d’entrée … pour se faire crier dessus par le bus au complet. A Cuenca, on quitte le bus par la porte arrière... Quel étrange phénomène!

Ce sera en effet une autre première pour nous ! Pas de se faire crier dessus; ça c`est fréquent; mais d’utiliser un système à deux portes, ça c`est nouveau (la porte arrière est normalement condamnée en Équateur).

Aussi excité que le premier homme dans l’espace, on se propulse donc dans les rues de Cuenca par la porte arrière, en observant deux choses : les gens de cette ville sont vraiment innovateurs et par le fait même, le transport en commun beaucoup plus efficace.
On se rappellera d’ailleurs de cette histoire de porte arrière à notre retour à Guayaquil, lorsque, prisonnier à l’arrière d`un bus rempli à craquer, maison d`escargot sur le dos, on devra pousser 30 personnes pour arriver à sortir du bus (par la porte avant) !

On débarque au Nord de la ville, ce qui nous fait marcher un peu vers notre hôtel.  On ne s’en plaint pas par contre car cette partie de la ville est qualifié de trésor mondial par l’UNESCO.

Cuenca est très touristique. Avec raison. Elle attire les étrangers de tous les âges et de tous les milieux sociaux. Or, le poids des expatriés pèse énormément sur l’ambiance générale de la ville. On est de plus en plus enclin à croire que l’Équateur est en effet le paradis des retraités. Mais on ne peut cacher notre désarroi occasionnel face au clash générationnel.

 















Car ici, ceux qui ont choisi Cuenca comme nouvelle maison, ce l’ont aussi appropriée à certains niveaux. 
Par exemple, le coté merveilleux de la présence d’étrangers dans une ville comme Cuenca, c’est la culture de cafés qui s’y installent à la demande du «toubab» moyen. Rien de plus revitalisant et nostalgique, que nous procurent des heures de lecture et de jouages de backgammon en buvant un litre de café chacun.
Or, de nombreux cafés fantastiques sont peuplés, jours après jours, de expatriés nantis, refusant d’apprendre l’espagnol, se plaignant que la musique n’est pas assez silencieuse et qui semblent considérer chaque centimètre de cette ville superbe comme leur propriété privée. 

Parfois, une certaine ambiance de peur et de ressentiment semble même régner au sein de ces merveilleux endroits de paix et calme. Une certaine crainte désillusionelle que les expatriés seront envahis chez eux par les immigrants-locaux.

Tout ça est bien entendu une énorme généralisation mais il est vrai que certaines personnes dans cette ville paraissent catégoriquement oublier que ce sont eux qui sont les étrangers ici. 

Nous offrons donc notre firme-conseils gratuitement à tout expatrié-retraité qui espérerait s`installer dans un pays du sud. Le chemin de l`intégration est périlleuse mais cette voie est partout préférée au néo-colonialisme désintégrateur.

 
Pour en revenir au positif, on est tout à fait sous le charme de cette ville d’érudits qui regorge des meilleures universités de l’Équateur, et donc d’une culture de bars, de discothèques et bières artisanales vivante et unique.






D’ailleurs, le weekend, on recommande un séjour dans un hôtel en dehors du carré «Calle Larga/Borrero/Vasquez/Hermano Miguel».  Du dimanche au mercredi, il n’y a aucun problème.




Cuenca est aussi une ville d`expression où l`art mural prend beaucoup de place.
 



C`est aussi une ville de musées avec ses œuvres d`art inédits.

 

Les restaurants sont ici particulièrement diversifiés ; plus qu’ailleurs en tout cas. En effet, ce n’est pas partout qu’on retrouve colombiens et péruviens se serrant autour de la masse équatoriennes. On a aussi essayé un thai, visité un indien et remarqué de nombreux shawarmas. Mais le bonheur ultime, c’est les restaurants de déjeuners. Crêpes, gauffres, omelettes, pains aux noix, miel, confitures… comme quoi, il n’y pas que du mal à l’affluence d’expats.  

Cuenca déborde aussi d’une panoplie de bouquineries; qui se donnent à l’échange, l’achat ou la vente de livres neufs et usagés de tous les pays du monde (difficile à trouver dans ce pays).

Étant une très vieille ville, Cuenca est bien entendu une ville d'églises. 




Cuenca c’est aussi des ruelles sans fin, toutes plus belles et surprenantes les unes que les autres. On pourrait en effet marcher ici des semaines sans jamais vraiment connaitre la ville. 

 




















A cet effet, on recommande particulièrement le bus numéro 14 qui va jusqu’à El Valle ; petite brousse sur la surface cuencaine (1h15 aller-retour). La vue est époustouflante et on peut clairement observer le-pas-de-séparation entre les très très riches et les pauvres-comme-pas-possible ; deux classes qui se voisinent au sein des mêmes quartiers. 

Et quand on a les souliers fatigués de parcourir la ville à pieds, on a tout simplement à se faire un petit tour de «free-busing», qui consiste à plonger dans le premier autobus qui passe et à se laisser rouler jusqu’à ce qu’il ait complété son cycle karmique ; nous déposant précisément au point où il nous avait cueilli; mais avec une expérience de plus à raconter. 




Entre temps, on est aussi parti à l’aventure dans le parc Cajas, le temps d’un petit trek d’une demie journée entre 3100 mètres et 4500 mètres. Les nombreux sentiers du parc sont marqués presque efficacement (ce qui est impressionnant pour l’Équateur) et on ne s’est donc que presque pas perdus.

 

 


 
Forêts idylliques, lacs, grottes, froid de canard et montagnes. Quelle belle journée pour deux Québécois bien équipés !

Sauf que Simon a briser ses bottes en jouant au Spartan…






 On est passé deux fois par Cuenca déjà. La deuxième, c’était avec les parents de Soa.

A cette occasion, on a fait beaucoup de taxi pour accommoder les valises à roulettes de papa et maman Rajaona. Malgré notre manque de données directes en Équateur, on a rit un peu jaune en découvrant le prix de ces «carros amarrillos».

En effet, si le transport en commun à Cuenca est nettement plus efficace qu’ailleurs, le transport privé lui, coûte environ le double qu’à Quito ou Guayaquil (pour une distance équivalente bien entendu). Et ne pensez pas à marchander car les chauffeurs de taxis de Cuenca semblent s’imaginer chauffeurs de limousine. Mais ça n`a pas le moins du monde importuner les malgaches en vacances.

On a aussi visité le Baños de Cuenca (il y a un Banos plus reconnu au nord de Riobamba).
Dans les deux villes, le concept est simple ; bains et piscines d’eau chaude provenant des sources thermales de ces villes montagneuses où il ferait normalement trop froid pour une saucette.


Les parents de Soa ont adoré leurs trois heures de bonheur mouillé. Simon et Soa sont, quant à eux, resté au sec ; préférant visiter la ville. Et ils ne l’ont pas regretté. Une fête religieuse avait lieu au même moment et pas moins de quarante cavaliers à cheval ont performé juste pour nous devant la grande église bleue de Baños.
Des musiciens locaux étaient aussi de la fête ; sans oublier bien sur, le parti politique ayant vraisemblablement organisé les festivités (les élections provinciales sont éminentes).

A la suite de notre deuxième visite, nous nous sommes dirigés vers le sud de l’Équateur.

Prochaine histoire : Vilcabamba, la vallée de la longévité!




Hébergement 

On a dormi :
Hostal Villa Del Rosario
Honorato de Vasquez5-25 y Mariano Cueva
www.hvillarosario.com
Caché, vue incroyable, jardin, cuisine toute équipée
Chambre coloniale
8$ par personne

Casa cuencana
Sur Hermano Miguel (coin Larga)
Chambre très moyenne mais idéal pour couple pas chialeux.
Vue idyllique sur le stationnement intérieur
Cuisine toute équipée
Toilette partagée
8$ par personne

La escalinata
Calle Larga 5-83
Bonne chambre
Propre, confortable mais sans fenêtre (donc, odeur acceptable de renfermé)
À coté d’un gros bar
Bonne sécurité
Wi-fi
10$ par personne

On a réservé deux fois :
El Cafecito
Vasquez 7-36
Les deux fois, le prix n’était pas le même qu’annoncé sur leur site web.

On a mangé :

Déjeuner
Moritas
Calle Hermano Miguel (coin Vasquez)
Prix exhorbitant à l’exception des omelettes trop cuites et sans goût
Les crêpes et coupes de fruits-granola-yogurt valent la peine
Ambiance enfumée ; table près des fenêtres est recommandée

Windhorse
Calle Larga (coin Hermano Miguel)
Ambiance colonialiste
Prix bien au dessus de la moyenne équatorienne
Le pain maison est exceptionnel
Le café à volonté pour 2$ nous a fait revenir plusieurs fois
Mais ce qui vaut vraiment le détour, c’est l’échange de livre 1 pour 1 au deuxième étage.

On a bu :

Microbrasserie La Compania
Calle Borrero (coin Vasquez)
Prix exceptionnel pour notre premier bock de vraie bière en Équateur
Ambiance authentique sur deux étages (très pub montréalais)

Bouquineries :

Neuf
Libri Mundi
Hermano Miguel y Mariscal sucre (centro)
Prix normal en Équateur (trop cher) mais
Grosse sélection internationale (ce qui n’est pas la norme)

Usagé

Windhorse cafe
1 pour 1


Carolina bookstore
Calle Hermano Miguel
Prix absolument outrageux pour des livres usagés
Achète livre pour 1$ sans distinction de la qualité
Mais pour une bonne cause ; s’implique dans la communauté (à ce qu’on nous dit) et
Cours d’anglais pour les équatoriens
Pas d’échange

Libros sin nombre
Petit bookstore un peu au nord, en face de Carolina
Calle Hermano Miguel
Énormément plus petit et pourtant, paraît avoir plus de choix que Carolina
Prix raisonnables
Échanges, achats et ventes





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