Cette semaine nous vous faisons faire un petit
tour guidé de la finca de notre béatitude immédiate.
Serena est à 45 minutes en autobus de la
capitale de la province du Napo, Tena.
Tena quant à elle, se trouve à cinq ou six
heures de Quito, dépendamment de la route choisie.
La route de Baeza est moins longue malgré un
bon deux heures de traffic pour sortir des banlieues de Quito et
le trajet en colimaçon jumelé à la passion du chauffeur pour la « Formule 1 »
(cette situation n’est pas singulière à ce trajet particulier ; elle est
chronique dans tout l’Équateur (autobus, voiture, moto…) ; probablement
une des conditions principales à l’obtention d’un permis de conduire) donne souvent
le goût de vomir.
La route de Puyo, quant à elle, offre aussi de
nombreuses opportunités de reflux gastriques mais propose un arrêt de quelques
jours dans le très populaire Banos (ici au sens de « Bains » et non
de toilette). Nous avons d’ailleurs séjourné presque deux mois à Banos mais ça,
ça sera pour un autre jour. Ceci étant
dit, l’arrêt à Banos permet de couper le trajet en deux, ce qui n’est pas un
luxe.
Tena, donc est une ville équatorienne typique,
bétonnée sur tout son long avec une centaine de restaurants qui servent
exactement la même chose, au même prix, avec des cafés internet à tous les deux
coins de rues (principalement utilisés par les petits et grands garçons qui
cherchent à continuer leur cheminement spirituel sur World of Warcraft ou
GTA), avec ses « panaderias »,
son marché, sa grosse église, ses terminaux d’autobus (1 inter-provincial, 1
local).
C’est aussi une ville
« amazonienne » typique avec sa chaleur insupportable, ses éclipses de
pluie diluvienne et, conséquemment, ses nombreuses rivières et ses opérateurs
de tours pour faire la visite de ce qui reste du « poumon de la
planète ».
On ne pourrait vraiment vulgariser ce qui nous
charme de Tena, si ce n’est qu’en considérant son caractère de
« hub » vers une panoplie d’activités et d’opportunités.
C’est d’ailleurs par le biais d’un terrain
visité que nous avons trouvé notre petit coin d’eden temporaire à Serena. Tena
est aussi entourée de petites colines, n’a pas de moustiques et est
particulièrement confortable le soir.
Serena, donc, atteignable de Tena, se trouve
au bout de la route vers le Talag ; route qui offre un avant goût de
villages pseudo-amazoniens, eux aussi bétonnés, mais bien entourés par des
semblants de jungle.
Mais quant on dit « au bout »
de la route, on veut vraiment dire, au bout. Qui veut aller à Serena, attend que
l’autobus fasse demi-tour pour débarquer. Mais contrairement à San Lorenzo, Serena n’est pas le
« bout du monde ». Ici, au
pied du pont qui nous sépare du terminus et de notre ferme, tout recommence.
Ainsi, après un long voyage par Tena, on
recommence à respirer ; l’air est plus frais, le soleil (relativement)
plus doux, la vue sur le pont, spectaculaire. Tranquillement, nos pas
s’allègent et on se prépare à enfin relaxer dans notre cocon de sérénité
serenienne.
Une fois le pont traversé, c’est un coin de rue à droite, à un ruisseau de la « escuela », une autre droite à travers le terrain de foot jusqu’à la porte qui borde la westfalia grise de notre propriétaire Raddim (A.K.A Tony).
Et, en un instant, le silence est brisé par les
braves chiens de la finca que nous vous présentons à l’instant.
D’abord, il y a Mali-Ouistiti, la doyenne et
« jefa » du domaine. Mali, c'est notre grosse ourse; réservée et presque paresseuse, en temps
tranquille, elle dort dans un coin à l’abri des problèmes. Mais à l’instant que
quelqu’un se présente à la porte, c’est le tonnerre qu’on réveille. Mali ne
donne pas sa place comme chienne de garde.
On peut d’ailleurs dire la même chose pour les
calins ; la moindre flatouille, et la voilà qui s’émoustille, commence à
gémir et vous saute dessus. Des fois, ça fait un peu peur mais c’est une grosse
doudoune, comme dirait Soa.
Mali aime aussi pécher des poissons dans
l’étang. On serait un peu inquiets pour nos barboteux si on ne la savait pas
végétarienne dans l’âme. Mali mange de la viande quand il y en a, mais si on
lui donnait le choix, elle choisirait les bananes et la papaye.
C’est quand même tout un spectacle de la voir
flotter à ras le museau dans l’étang. C’est à se demander si elle se prend pour
un gros poisson poilu.
Chiro est forcé à passer la plupart de son
temps attaché à une laisse d’une trentaine de mètre parce qu’il s’est fait une
réputation dans le village de sauter les clôtures pour dévorer les poulets des
voisins. Ça commencait vraiment à couter cher à Tony, notre proprio, et puis sa
cote appréciative en perdait de nombreuses plumes.
Mais la raison de sa captivité est davantage
pour sa propre sécurité que pour celle des « pollos vecinos ».
Pour se protéger des chiens errants, de nombreux « campesinos »
utilisent en effet du poison dans la viande.
Et donc, même s’il s’en plaint constamment,
n’ayant aucune idée qu’on veut le garder en vie, Chiro est contraint de monter
la garde sur le compost adoré de Simon en trônant sur sa montagne de
« Mate » (fruit rond et dur non comestible) en forme de têtes de
mort. 
Pour passer le temps, notre gros loup adore
nous tomber sur les nerfs en lachant de longues minutes de hurlements plaintifs,
probablement vers le nord, dans l’espoir qu’une femelle canadienne accoure
magiquement à Serena (c’est probablement pour ça que Soa l’excite tellement).
Son petit nom coquet, c’est Céline Dion.
Notre prochaine fille, c’est Chica-Banana, une
chienne-renard toujours alerte aux intrus illégaux, à la possible offre de
câlins et le plus important, aux bananes qui tombent du ciel. Avec ses oreilles
qui égratignent les nuages tellement elles sont longues, elle n’en manque pas
une. Elle est secrétement la préférée de Simon, parce qu’elle lui rappelle son
chat Shanti.
Chica est aussi une chienne de garde de
première classe, seconde officière à la « jefette » Mali ;
toujours présente quand il est temps de faire peur aux intrus. Mais dans la vie
de tous les jours, Chica ne grogne jamais que quand Mali exagère dans sa demande
d’amour boulémique.
C’est véritablement étrange de l’observer
s’exprimer contre la suprématie de Mali et ainsi de se soulever devant l’ordre
établie de la ferme, simplement pour nous protéger de l’amour incontrôlé de sa
supérieure immédiate.
Chica est peut- être seconde hièrarchique dans
l’environnement social de notre finca mais elle est première grade dans nos
cœurs.
Lobo ou Lobocito, c’est notre petit loup qui
se prend pour un grand chien même s’il a encore beaucoup de bananes à manger
avant de muer. Contradictoire à lui-même (ah, les adolescents !), il veut
aussi être traité en chiot parce qu’il n’y a pas si longtemps, il recevait des
faveurs particulières (il avait accès à la cuisine par exemple).
C’est probablement pour ça qu’il est
infiniment jaloux de notre attention. Si, par malheur, il nous prend à caresser
un autre chien, le voilà qui se trémousse entre nos jambes en jappant du haut
de ses trois pommes.
Ses balades lui offre des aventures
palpitantes (une fois, il est revenu engraissé du double de sa bedaine parce qu’il
avait mangé un canard mort trouver sur le bord de la rivière) et lui font
parcourir des distances incroyables (d’un point de vue de chiot). Et pourtant,
on à l’impression qu’il est toujours dans nos pattes (ou dans nos jupons, en ce
qui concerne Soa (Lobocito mord et tire littéralement les vêtements de Soa
quand elle se promène sur la finca)).
Lobo sera un chien féroce et valeureux, on
n’en est certain.
Le prochain membre de la famille, c’est notre
chat de cuisine, Michu (prononcé Michou).

Michu passe ses nuits et jours à
surveiller les contours de la cuisine. Ici, il n’a aucune limite de
coquerelles, sauterelles et papillons à chasser. C’est à ce point, qu’on a
pratiquement pas besoin de le nourrir, en permanence rempli de bibittes
diverses. Son alimentation est probablement plus diversifiée que
tous les chiens réunis.
Quand Michu sort de sa cuisine, c’est pour se faufiler dans notre chambre ou sur le toit pour dormir. Avec sa petite tête noire, ses yeux jaunes et sa petite barbichette blanche, c’est une vision directement d’un film d’horreur de le surprendre à nous observer d’une des planches du plafond.
Parfois, on se
surprend aussi à le voir se promener autour de l’étang ; possiblement en
attente du jour où les poissons se mettront à marcher.
Par ailleurs, on a une quantité et diversité incomparables de papillons et de petits scarabées luisants ; il serait difficile de croire que tous ont été répertoriés. Soa se plaint souvent, mais pas à cause des bibittes mais plutôt de l'écosystème intégré que Simon met en place à chaque soir dans notre chambre. Soa l'appelle même l'insectarium.
Franz, notre premier volontaire, a découvert
que Michu était un agent secret équatorien. Ainsi, il comprendrait tout ce que
nous disons et ferait semblant de ne rien comprendre. Par contre, vous ne serez
probablement pas surpris d’apprendre qu’étant payé le même salaire qu’un
éboueur par le gouvernement social-démocrate de l’Équateur, Michu n’est pas
très efficace à son travail.
Par ailleurs, on a une quantité et diversité incomparables de papillons et de petits scarabées luisants ; il serait difficile de croire que tous ont été répertoriés. Soa se plaint souvent, mais pas à cause des bibittes mais plutôt de l'écosystème intégré que Simon met en place à chaque soir dans notre chambre. Soa l'appelle même l'insectarium.
À sa toute première rencontre avec les
poissons, Soa a immédiatement affirmée que ceux-ci étaient affamés (ce qui nous
rappelle étrangement sa belle-maman). Elle clame aussi qu’ils se sentent
infiniment seuls dans ce grand étang. On a commencé à les nourrir. Soa nous
assure d’ailleurs que ses poissons peuvent l’« entendre » lorsque
qu’elle secoue la nourriture de poisson aux abords de l’étang
(une autre preuve incontestable de l’influence de Toune, sa belle-maman).
Elle espère qu’en devenant bien gras (et la
réputation des animaux de Soa nous assure que l’embonpoint est chose
inévitable), leur libido suivra, et conséquemment, leur multiplication
démographique.
Elle tient vraiment à impressionner son beau-papa avec ses poissons; c'est beau à voir!
Simon essai en vain d’expliquer à Soa qu’on
devra un jour manger quelques poissons pour éviter la surpopulation. Rien n’y
fait ; PERSONNE NE MANGERA SES POISSONS !
Et finalement, mais non les moindres, il y a les petits poussins de Soa. Nous ne les savions même pas de ce monde jusqu'à tout récemment; ce n'est donc rien d'autre qu'un miracle de la vie, selon Soa.
Dans son originalité légendaire, Soa leur a donné les noms de Simon, Raddim (notre proprio) et Franz (notre premier volontaire). Évidemment, seule SoaSoa peut les différencier...
Dans son originalité légendaire, Soa leur a donné les noms de Simon, Raddim (notre proprio) et Franz (notre premier volontaire). Évidemment, seule SoaSoa peut les différencier...
Et donc, ce qu’on a ici comme faune apprivoisée, c’est véritablement « Retour au Bercail »… au bercail.



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