jeudi 21 novembre 2013

Salinas de Guaranda; chemin gourmant dans les montagnes

Bonjour  la    familia,  
on doit d'abord s'excuser pour le manque de nouvelles. L'attente insupportable de nos visas et l'inertie de notre routine urbaine nous a momentanément rendu trainard.

D'ailleurs pour contrer cette malédiction et afin de passer le temps, nous avons développé une nouvelle passion de couple. 

Vous connaissez ce jeu où l'on choisit une destination de voyage au hasard en posant son doigt, les yeux fermés, sur un globe terrestre qui tourne? 

Et bien, c'est ça notre jeu... mais avec beaucoup plus de suspense!

On se présente donc au terminal d'autobus de Guayaquil et on choisit un valeureux cobaye au hasard (on préfère quand le hasard tombe sur un de nous deux mais il arrive à l'occasion qu'un parfait étranger ait la chance inouie de participer à notre jeu palpitant)

On exige ensuite du sujet qu'il ferme ses yeux avant de le faire tourner sur lui-même une trentaine de fois (environ 85% du plaisir) avec le doigt allongé au bout de son bras.

Quand l'urluberlu cesse enfin de tourbillionner (sérieusement... ce n'est pas très responsable pour un adulte de tourner comme ça sur lui-même dans un terminal d'autobus), son doigt aux allures de saoulon se trouve à pointer en direction de l'une des 45 compagnies d'autobus du terminal. 

Chaque compagnie offre une demi-douzaine de destination. On aura amplement le temps d'en choisir une avant que notre «pointeux» ne finissent de voir triple. 

Nos critères de destination idéale sont les suivants: départ le plus rapide, nombre d'heures à parcourir, coût du voyage. 


Notre jeu s'appelle le «globe terrestre humain» et il peut se pratiquer partout; station de train, aéroport, etc. 

Notez que par la présente, nous officialisons que son brevet nous appartient.

La première fois qu'on a joué à notre «planète-roulettes», on est tombé sur Riobamba.  
  
Aujourd'hui, on va donc vous parler de notre petite escapade romantique à plus de 4000 mètres d'altitude. 

Après que le doigt du destin eu fait son choix, nous avions un gros 10 minutes pour se rendre jusqu'à notre vaisseau sur roues. 

Super!! Sauf que...
 


Vous devez savoir que e terminal de Guayaquil est un centre d'achat immense construit sur 3 étages (oui, oui) et que les bateaux terrestres peuvent quitter de 6 différentes sorties (2 stationnements par étage).
Le numéro de la porte de départ est assez facile à trouver et se trouve sur le billet mais il faut connaitre le numéro de l'étage et ce détail très important ne sera divulgé qu'une fois par l'agent des billets. Par ailleurs, nous sommes maintenant persuadés que pour obtenir son travail, l'agent des billets (peu importe sa compagnie d'embauche) doit passer un test pour devenir maître du marmonnage.


Le numéro de la porte de départ est assez facile à trouver et se trouve sur le billet mais il faut aussi connaitre le numéro de l'étage et ce détail très important ne sera divulgé qu'une fois par l'agent des billets. Par ailleurs, nous sommes maintenant persuadés que pour obtenir son travail, l'agent des billets (peu importe sa compagnie d'embauche) doit passer un test pour devenir maître du marmonnage. 

Il faut aussi noter que les numéros sont nombreux sur le billet et qu'il faut apprendre à déchiffrer (littéralement) tout ça. Entre le numéro de porte, le numéro de bus, le numéro de siège, le coût du billet, la date et l'heure, il y a de quoi s'y perdre. 

On est quand même arrivé à temps car Soa est fille de mathématicien. Merci Gérard!

Donc, c'est quatre heures de bonheur sur la route qui nous attendaient afin d'atteindre le creux de montagne qu'est Riobamba. Les deux premières heures du périple, le paysage n'est pas très inspirant. Déjà, juste le temps qu'il faut pour sortir du traffic de Guayaquil et de ses interminables banlieux. Ceci sera suivi par un véritable océan de jungles bananières (qui, nous rappelons, n'est pas très doux sur la rétine). 

On était donc content d'avoir un film vraiment touchant, dans lequel Halle Berry parle au téléphone jusqu'aux quinze dernières minutes. Évidemment, à cause d'une craque dans le chemin (histoire vraie), on a littéralement manqué le «punch» du film; soit, la raison pour laquelle la belle brune hollywoodienne a finalement décidé de raccrocher son téléphone et surtout, le comment du pourquoi, elle a réussi à trouver le psychopathe-kidnappeur de ses cauchemars et par le fait même, de sauver la fillette en danger avec qui elle était au téléphone tout ce temps là!

Le reste du voyage était absolument époustouflant. Le retour aux montagnes équatoriennes nous fait toujours vibrer autant. C'est assez spécial de vivre dans un pays où l'on peut passer du niveau de la mer à la base d'un volcan en quelques heures. 

Malheureusement, notre première impression de Riobamba ne fût pas celle qu'on espérait. On a en effet, plus ou moins aimé l'odeur de cette ville (beaucoup de voitures qui pètent) ayant plus des airs de métropole que de trésor andin.  

Disons que de Riobamba, la vue imprenable du Roi, le volcan Chimborazo est beaucoup moins romantique quand ça klaxonne à toutes les quinze secondes. On devrait aussi spécifier qu'on était venu dans les montagnes pour respirer un peu d'air frais.

On estquand même resté une nuit, histoire de profiter des quartiers animés. Notre hôtel, quelle chance, avait des allures de palais présidentiel....mais qui aurait un sérieux retard
sur les rénovations à cause de la démesure de ses taxes résidentielles.

En bref: potentiel de quatre étoiles à prix dérisoire. Parfait pour nous! 

Monsieur Chimbo























































Riobamba nous a donc laissé très peu d'émotions, si ce n'est qu'un burger végétarien exceptionnel chez Brothers' café. Mais, on doit avouer qu'on n'a pas laissé beaucoup d'opportunité à la ville de nous vendre sa salade. 

Faudra y repasser. 

Par contre, on était sérieusement excité à la pensée de notre voyage du lendemain. En effet, on nous raconte que, quand c'est pas trop nuageux (rare dans les montagnes), le chemin entre Riobamba et Guaranda est à couper le souffle. La raison: On passe à cinq kilomètres du volcan Chimborazo. 

Pas de chance, superbe voyage remplis de montagnes et d'alpacas sauvages mais le «king» nous a tourné le dos cette fois-ci.






Mais ce n'est que partie remise!!

Guaranda nous a donné l'effet contraire de Riobamba. Notre premier regard fût en effet enflammé de futurs amourettes.

Crédit :Ivan Kashinsky
Capital de l'état du Bolivar, Guaranda c'est comme un petit Pujili dans les montagnes; ses pieds mouillés dans le creux de la sierra, sa «place rouge» pas rouge du tout, ses encebollados dignes du Manabi, ses légumes à des prix qui pourraient faire honte à Guatubamba.

Est-ce ça l'amour?

Malheureusement, nous étions promis à une autre...

Nous nous lançions donc à la recherche du taxi communautaire qui allait nous mener à bon port.

Dix minutes plus tard, nous étions dans la capsule transporelle... trente minutes plus tard, nous étions en route. Eh bien oui, «transport communautaire» veut dire que ça coute des «peanuts» mais qu'on doit faire déborder la machine pour que ça vaille la peine de bouger.

Une fois bien serrés, on est partie pour un tour de montagne russes horizontales (zig-zags à n'en plus finir) à raz le ciel. Simon a adoré, Soa un peu moins.
Ça allait pourtant en valoir la peine.

Quarante-cinq minutes de slalom plus tard, on arrivait au bout de notre aventure... littéralement; Salinas, notre destination finale, est le dernier village accessible (par la route) de ce petit coin de pays.

Qu'est-ce qui nous a amené ici exactement?

Deux mots: Chemin gourmant!

Historiquement, Salinas était une communauté excessivement pauvre, comme ses voisines andines d'ailleurs. Mais avec l'appui d'un prêtre italien, sa situation socioéconomique a radicalement changé depuis les années 1980.

Aujourd'hui, Salinas est un modèle de développement communautaire fondé sur un système solide de micro-entreprises sociales.

Ainsi, grâce à une volonté sans pareille de la part de l'ensemble de la communauté, d'un petit coup de main technologique et éducatif (sanitarisation, équipement et expertise) et de beaucoup, beaucoup de travail et de patience, Salinas brille aujourd'hui d'autosuffisance et d'interdépendance économique.

Par où commencer... on va y aller en ordre de préférences: fromages, chocolats, confitures, champignons et fruits séchés, huiles essentielles, transformation de laines et confections de vêtements (Alpacas, moutons, etc.). Et n'oublions pas leur mines de sel! 














 
Mine de sel


On est donc arrivé vers 13h et on s'est tout de suite prit une chambre dans l'un des trois hôtels communautaires de l'endroit afin de pouvoir aller profiter du reste de notre journée.

Salinas est une communauté d'environ 6000 habitants mais on a vraiment l'impression qu'ils ne sont pas beaucoup plus que 500.

La Plaza: c'est là que ça se passe quand il se passe quelque chose!
On imagine que la plupart sont en train de bêcher, de récolter, de tondre, de transformer, de coudre, de cuisiner, et de tester leurs produits.

Soa qui se fait des amis


















Nous aussi on allait tester les produits! On a passé l'après-midi à tout goûter. Bon, on doit avouer notre déception car on croyait pouvoir essayer un petit peu de tous leurs merveilleux produits mais ça ne fonctionne pas tout a fait comme ça ici. Faute de pouvoir se goinfrer de nombreuses petites doses, on a rempli nos sacs d'un peu tout ce qu'ils offrent. Malheureusement (ou heureusement), pas beaucoup de nos achats se sont rendu à Guayaquil... on a tout mangé le soir même!




En arrivant à l'hôtel, on a réaliser que quand le soleil se couche, il fait «frette» à quatre milles mètres d'altitude !

Mais charmants comme on est, notre hôte nous avait préparé un feu. En plus, Soa n'avait pas 3, pas 5 mais bien 7 «tapis-couvertures» sur le lit!
Pour ceux qui ne le savait pas, l'une de nos couvertures à Guatubamba était littéralement un tapis!






Le lendemain matin, Soa s'est plaint un peu de l'altitude mais Simon est pas mal certain que c'est parce qu'elle avait mangé trop de fromage et de chocolat la veille.

On a donc laissé rêver notre princesse «sous» ces tapis-volants pendant que Simon s'en allait escalader le plus haut point de Salinas pour avoir une meilleure vue du paysage.



Ce qui se trouvait là haut était inespéré.



 

Et puis, comme tout Bédard qui se respecte, Simon devait s'aventurer un peu plus loin dans la gorge du loup...
Parce qu'en effet, ce qui semblait être le bout de la route, ne l'était pas du tout. Derrière le sommet qui surplombe le village, s'élève deux belles grosses vallées de crevasses monolytiques digne de «Jurrassic Park».


Pas de choix: il fallait aller planter le drapeau Bédardois au bout de la fin du sommet de la route interdite de l'inconnu mystérieux!

Caché derrière les arbres, dans l'entre de la bête...



Simon aime découvrir des grottes



Crevasse de camping à même la grotte


Au retour du conquérant, Soa et Simon s'en sont en allés parce que de toute façon, la journée s'annonçait encore plus en altitude qu'à leur arrivée.
Quatre heures de souffrance atroce nous attendait. La cause: un conducteur qui n'a jamais vraiment appris à conduire manuel et qui ne le s'est jamais fait dire.
Est-ce que vous vous rappelez les premières fois que vous avez essayer de maîtriser la conduite manuelle; un peu perdu entre le «brake», la «clotche» et l'accélérateur?  Votre père, mère ou tout autre professeur; lui/elle s'en rappelle.

On aurait vraiment voulu expliquer au chauffeur que ça n'allait pas du tout mais on craignait de se faire jeter hors du bus.

On a donc eu du mal à apprécier le paysage au retour. Ça n'a pourtant pas gâcher notre aventure; même que ça nous a permis de tolérer d'avantage notre retour dans la canicule guayaquilienne!

À bientôt!

 

2 commentaires:

  1. êtes-vous sûrs d'avoir la bonne date: 21 novembre???
    Toune...XXX

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  2. Êtes-vous sûrs de votre date (21 nov)?
    toujours très intéressant de vous lire et de voir vos photos extraordinaires.
    MomXXX

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