samedi 24 mai 2014

Bienvenidos a Serena


Salut à toutes et à tous,

On en a fait du chemin pour arriver ici. Et on a sauté des histoires qu'on vous racontera sous peu mais voici une autre étape importante de notre voyage, probablement la plus importante depuis notre arrivée en Équateur (On a eu ce sentiment à chaque nouvelle étape, par contre).

Nous vivons maintenant dans un petit paradis de deux hectares, à 45 minutes de Tena, la capitale régionale de l’État du Napo, à la porte de la forêt amazonienne. 
On est arrivés ici par l’entremise d’un expat espagnol à qui on hésitait à acheter un terrain. Voilà qu’un matin, ce dernier nous téléphone (on vivait encore à Banos à cette époque là) et nous explique que ça lui importe peu qu’on achète son terrain ou pas, qu’il veut surtout rester en bon contact afin de cultiver une amitié « touristique » (future entraide mutuelle pour nos entreprises complémentaires). Pour l’instant, il a un ami Tchèque, aussi expat, qui aurait besoin de gens pour s’occuper de sa terre dans les environs de Tena.

Alors depuis le début du mois de mai, nous partageons l’existence d’un nombre incalculable de bibittes. Ahhh, l’Amazone !

D’abord, il y a les mouches à fruits qui sont un mal nécessaire. On composte absolument tout ici ; de la grosse passion rouge. Simon a fièrement creusé son beau  gros trou (1m par 1m50) avec David et depuis, il coucherait au fond s’il n’était pas jalousement en demande dans le lit matrimonial.

Avec du recul, c’est quand même une transformation de perspective pour nous. On se rappelle la canicule au 228 et comment on avait toute la misère du monde à se débarrasser des « maudites » mouches à fruit. C’était alors notre pire cauchemar.

Ici, dans un endroit où les fruits poussent comme de la mauvaise herbe ; les mouches à fruits font partie de la famille. Et puis, on est pas mal inclusif de tous les animaux qui ne cherchent pas à nous tuer !

D’ailleurs, les coquerelles sont le parfait exemple de cette situation.  Elles sont M-A-S-S-I-V-E-S;  l’Afrique et l’Asie peuvent aller se rhabiller, c’est la plus grosse forêt de la planète ici !

AMAZONE-REPRESENT !!
C’est pas des farces, on leurs donnent quasiment des noms « coquets » ; l’animal de compagnie par excellence.

Et pourtant, elles arrivent à se faufiler dans les craques inexistantes des boites de nourritures scellées sous vide.

Respect !

Elles ont sérieusement de la gueule. Et puis, elles sont tout à fait inoffensives.

Par exemple, au contraire des maudites sauterelles de l’enfer (voir Olon),  qui s’amusaient à atterrir dans le visage des gens -gens qui sont spécifiquement en train de faire ce cauchemar- nos coquerellettes amazoniennes vivent leurs vies sans chercher à interagir avec nous.

Elles veulent une bouchées de nos denrées humainement concoctées, bien sur, mais ne s’y attaqueront généralement que la nuit. Il est d’ailleurs hautement déconseillé d’aller faire un tour dans la cuisine après le coucher du soleil.

Justement, la nuit, on peut entendre leur chant gracieux de cucacharettes qui clique, coincidamment, comme deux pièces de Backgammon qui cognent l’une contre l’autre.

Donc, on adore nos mouchelettes et nos cucaracitas… surtout quand on pense aux fourmis mordeuses invisibles de l’enfer. RRRRRRRAAAAAHHHHHHHHHHHHHH !!!!

Les chercheurs nous disent que ces petites fourmis sont complétement inofensives. On nous inventent qu’elles ne transportent aucune maladie ou venin et donc qu’elles ne peuvent pas nous tuer.

PHYSIQUEMENT, peut-être !!!! mais nos âmes elles, quant est-il de nos âmes !!

Depuis notre arrivée, on se gratte comme des p’tits chiens… parfois, on se gratte sans même que ça pique. Et on le sait en plus ! On se gratte la nuit, même quand on dort bien dur. Ça expliquerait pourquoi on rêve qu’on se gratte aussi. D’autre fois, on attrape un vent de folie et on se met à se gratter tout le corps frénétiquement. Ça c’est la « psycho-gratte ». Bien entendu, on se gratouille en couple aussi; l’amour ne s’arrête pas  aux flatteries.  Pour le meilleur et pour le pire, qu’ils disent !

Tout ça, courtoisie des fourmis qui n’existent que dans notre imagination.

D’après Simon, ces microscopiques machines de terreurs arrivent directement des pires profondeurs du monde.

Selon ces dires, elles ne seraient rien de moins que de miniatures parcelles ressuscitées de la douleur des âmes damnées des pires criminels de l’histoire, remontant à la surface par milliers sur les vapeurs d’éther diaboliques de la  fumée des feux de l’enfer.

Et voilà que ces puceux de Satan sont condamnés à vivre dans un des environnements les plus agressifs de la planète. Elles travaillent jour et nuit, absolument partout sur le terrain. Et elles n’apprécient simplement pas être dérangés dans leur labeur effreiné. 

Ce qui veut dire que si, par malheur, on accroche une feuille quelconque (et des feuilles, ça ne manque pas dans l’Amazone ; les opportunités de les éviter sont peu nombreuses) avec une épaule, un tibia ou un ongle, il y aura presque assurément un transfert d’une ou deux ou MILLE fourmis microscopiques sur cette partie du corps maintenant damnée par les feux de l’enfer.

Mieux vaut amputer immédiatement.

Instantanément, ce petit démon à six pattes creusera ses crocs diaboliques dans la peau.  Mais la douleur effroyable prend quelques secondes à s’installer. Ainsi, jamais on ne voit notre attaquant!!

On passe donc nos journées a constamment avoir l’impression d’être mordu par… RIEN !!

RRRRAAAAAHHHHH !!!!

Oh Univers, serait-ce là un jeu machiavélique que tu nous imposes parce qu’on a trouvé notre bulle de zénitude équatorienne ?

Car vous nous direz que jusqu’à maintenant, on ne vous a pas tout à fait décrit le paradis tel que défini dans le dictionnaire. 

C’est parce que nous aussi on est mesquin ; on a commencé par les petits points négatifs.

Et puis, comme vous ne l’aurez probablement pas remarqué (certaines personnes sont incapables de penser plus loin que coquerelles), on ne vous a pas parler de moustiques.

C’est parce qu’il n’y en a pas !! Et selon les dires du Totem de sagesse, le très vénéré Papi Jean Bédard : un endroit sans moustique, c’est le paradis !

Malgré tout, nous avons quelques critères de plus pour y trouver notre compte.

Ce que nous voulons et qui est disponible ici, gratuitement, naturellement :
Une liberté totale ;
Une proximité de la ville pour les emplettes et de l’Amazone pour la recherche de terrain ;


Des appartements rusti-luxe avec terrasse, hammacs et vue sur la montage ;
 
Un ruisseau d’eau fraiche avec des bassins pour s’y baigner (2) ;
piscina "abajo"
piscina "arriba"















Quatre chiens affectueux avec nous et féroces avec les intrus ;
Un chat chasseur de coquerelles ;
Une cuisine toute équipée ;
Cinq poulets et deux canards pseudo-libre en manque d’amour ;
Une rivière massive et propre qui chante constamment pour nous aider à dormir ;
Une quantité de petites et grosses « jobines » à exécuter à notre rythme ;
Un étang à poissons « narcissique » qui ne demande que de se faire rêvasser dessus par les grands miroirs de Soa ;
Des installations toutes prêtes pour accueillir des volontaires ;
Une flore débordante de variété ;
Une faune toute aussi explosée (papillons, colibris, libellules, serpents, coquerelles, scorpions (il en a juste un…) ainsi qu’un genre de grosse marmotte invisible qui passe son temps à faire des trous sans jamais vraiment avoir de raison de le faire)

Ce que nous n’espérions même pas et qui nous est aussi offert par l’univers : 
Un pont à être traversé pour arriver chez soi;
Ou, si on trouve ça trop simplet, une tarabita (traversier sur fil) qui passe au dessus de la rivière et qui atterrit directement sur notre terrain ;
Des opportunités multiples d’essais et erreurs agricoles et organisationnelles que nous n’aurons pas à tester pour la première fois sur NOTRE projet ;
Une confiance aveugle de la part du propriétaire ;
Une période illimitée de temps sans casse-tête pour trouver notre terrain idéal ;
Un Temascal (tente indigène qui sert de sauna et qu’on chauffe avec des pierres volcaniques ;
De nombreux légumes autochtones qui nous étaient totalement inconnus, qui sont délicieux et nutritifs et qui pousse comme de la mauvaise herbe ;
Du soleil à souhaiter qu’il pleuve ;
De la pluie qui donne l’impression que le ciel nous tombe sur la tête (les Gaulois craindraient vraiment les dieux amazoniens). 

Tout ça, logés et nourris!

Il y en a pour nous tous ici.

On a fait un long parcours pour décider qu’on était prêt à souffler un peu. On a voyagé le pays en entier (10 000 beaux kilomètres); de la mer, on est monté jusqu’à 4000 mètres d’altitude, pour finalement atterrir dans la jungle ; on a monter un dossier impressionnant de connaissances et de contacts, on a commencé notre recherche de terrains (on vous en parlera prochainement), Simon a fait de sérieuses avancées en espagnol, on a obtenu notre résidence équatorienne (droit de vote et tout !).

On a adopté l’Équateur, quoi.

On est loin d’être fatigués ; au contraire, on est plus énergétique que jamais et puis ça fait du bien de travailler.

Et ce petit paradis de Serena, nous donnera une longueur d’avance pour notre propre projet (ça aussi c’est pour un prochain blog).

C’est encore une situation temporaire, c’est vrai, mais dans un confort inégalé et sur le type de terrain qu’on recherche, dans l’environnement où on veut vivre.

Et oui, chers amis : Nous sommes tombés en amour avec l’Amazone !

À bientôt !

Soa et Simon






3 commentaires:

  1. Toujours aussi intéressant de vous lire et surtout le ton de votre écriture: tout simplement hilarant. Ça donne vraiment le goût d'aller vous visiter. Mom and Dad.

    RépondreEffacer
  2. Bravo a vous deux, je vous souhaites pleines de magnifiques aventures et que votre projet de terre devienne réalité en temps opportun!!! Bravo pour ce magnifique projet! C'est en vous lisant que l'on réalise que tout est possible! Eli xx

    RépondreEffacer
  3. Salut Simon et Soa,je découvre et prends plaisir à lire votre site. La question que vous vous posée est la suivante: qui est cette personne qui est en arrière de son clavier? La réponse est fort simple et très proche en même temps. Je suis un collègue de travail à "môman" Nicole". Je me prénomme Michel et oui je travaille au V.V.V. Salutation à maman et papa et je vous fais confiance pour vivre le moment présent... Un salut du Québec et à bientôt. Bye Michel

    RépondreEffacer