Salut à toutes et à tous,
On en a fait du chemin pour arriver ici. Et on a sauté des histoires qu'on vous racontera sous peu mais voici une
autre étape importante de notre voyage, probablement la plus importante depuis
notre arrivée en Équateur (On a eu ce sentiment à chaque nouvelle étape, par
contre).
Nous vivons maintenant dans un petit paradis
de deux hectares, à 45 minutes de Tena, la capitale régionale de l’État du
Napo, à la porte de la forêt amazonienne.

On est arrivés ici par l’entremise d’un expat
espagnol à qui on hésitait à acheter un terrain. Voilà qu’un matin, ce dernier
nous téléphone (on vivait encore à Banos à cette époque là) et nous explique
que ça lui importe peu qu’on achète son terrain ou pas, qu’il veut surtout
rester en bon contact afin de cultiver une amitié « touristique »
(future entraide mutuelle pour nos entreprises complémentaires). Pour
l’instant, il a un ami Tchèque, aussi expat, qui aurait besoin de gens pour
s’occuper de sa terre dans les environs de Tena.

Alors depuis le début du mois de mai, nous
partageons l’existence d’un nombre incalculable de bibittes. Ahhh,
l’Amazone !
D’abord, il y a les mouches à fruits qui sont
un mal nécessaire. On composte absolument tout ici ; de la grosse passion
rouge. Simon a fièrement creusé son beau
gros trou (1m par 1m50) avec David et depuis, il coucherait au fond s’il
n’était pas jalousement en demande dans le lit matrimonial.
Avec du recul, c’est quand même une
transformation de perspective pour nous. On se rappelle la canicule au 228 et
comment on avait toute la misère du monde à se débarrasser des
« maudites » mouches à fruit. C’était alors notre pire cauchemar.
Ici, dans un endroit où les fruits poussent
comme de la mauvaise herbe ; les mouches à fruits font partie de la
famille. Et puis, on est pas mal inclusif de tous les animaux qui ne cherchent pas à nous
tuer !
D’ailleurs, les coquerelles sont le parfait
exemple de cette situation. Elles sont
M-A-S-S-I-V-E-S; l’Afrique et l’Asie
peuvent aller se rhabiller, c’est la plus grosse forêt de la planète ici !
AMAZONE-REPRESENT !!
C’est pas des farces, on leurs donnent
quasiment des noms « coquets » ; l’animal de compagnie par
excellence.
Et pourtant, elles arrivent à se faufiler dans
les craques inexistantes des boites de nourritures scellées sous vide.
Respect !
Elles ont sérieusement de la gueule. Et puis,
elles sont tout à fait inoffensives.
Par exemple, au contraire des maudites
sauterelles de l’enfer (voir Olon), qui
s’amusaient à atterrir dans le visage des gens -gens qui sont spécifiquement en
train de faire ce cauchemar- nos coquerellettes amazoniennes vivent leurs vies
sans chercher à interagir avec nous.
Elles veulent une bouchées de nos denrées
humainement concoctées, bien sur, mais ne s’y attaqueront généralement que la
nuit. Il est d’ailleurs hautement déconseillé d’aller faire un tour dans la
cuisine après le coucher du soleil.
Justement, la nuit, on peut entendre leur
chant gracieux de cucacharettes qui clique, coincidamment, comme deux pièces de
Backgammon qui cognent l’une contre l’autre.
Donc, on adore nos mouchelettes et nos
cucaracitas… surtout quand on pense aux fourmis mordeuses invisibles de
l’enfer. RRRRRRRAAAAAHHHHHHHHHHHHHH !!!!
Les chercheurs nous disent que ces petites
fourmis sont complétement inofensives. On nous inventent qu’elles ne transportent
aucune maladie ou venin et donc qu’elles ne peuvent pas nous tuer.
PHYSIQUEMENT, peut-être !!!! mais nos
âmes elles, quant est-il de nos âmes !!
Depuis notre arrivée, on se gratte comme des
p’tits chiens… parfois, on se gratte sans même que ça pique. Et on le
sait en plus ! On se gratte la nuit, même quand on dort bien dur. Ça
expliquerait pourquoi on rêve qu’on se gratte aussi. D’autre fois, on attrape
un vent de folie et on se met à se gratter tout le corps frénétiquement. Ça c’est
la « psycho-gratte ». Bien entendu, on se gratouille en couple aussi;
l’amour ne s’arrête pas aux
flatteries. Pour le meilleur et pour le
pire, qu’ils disent !
Tout ça, courtoisie des fourmis qui n’existent
que dans notre imagination.
D’après Simon, ces microscopiques machines de
terreurs arrivent directement des pires profondeurs du monde.
Selon ces dires, elles ne seraient rien de
moins que de miniatures parcelles ressuscitées de la douleur des âmes damnées
des pires criminels de l’histoire, remontant à la surface par milliers sur les
vapeurs d’éther diaboliques de la fumée
des feux de l’enfer.
Et voilà que ces puceux de Satan sont
condamnés à vivre dans un des environnements les plus agressifs de la planète.
Elles travaillent jour et nuit, absolument partout sur le terrain. Et elles
n’apprécient simplement pas être dérangés dans leur labeur effreiné.
Ce qui veut dire que si, par malheur, on
accroche une feuille quelconque (et des feuilles, ça ne manque pas dans
l’Amazone ; les opportunités de les éviter sont peu nombreuses) avec une
épaule, un tibia ou un ongle, il y aura presque assurément un transfert d’une
ou deux ou MILLE fourmis microscopiques sur cette partie du corps maintenant
damnée par les feux de l’enfer.
Mieux vaut amputer immédiatement.
Instantanément, ce petit démon à six pattes
creusera ses crocs diaboliques dans la peau.
Mais la douleur effroyable prend quelques secondes à s’installer. Ainsi,
jamais on ne voit notre attaquant!!
On passe donc nos journées a constamment avoir
l’impression d’être mordu par… RIEN !!
RRRRAAAAAHHHHH !!!!
Oh Univers, serait-ce là un jeu machiavélique
que tu nous imposes parce qu’on a trouvé notre bulle de zénitude
équatorienne ?
Car vous nous direz que jusqu’à maintenant, on
ne vous a pas tout à fait décrit le paradis tel que défini dans le
dictionnaire.
C’est parce que nous aussi on est
mesquin ; on a commencé par les petits points négatifs.
Et puis, comme vous ne l’aurez probablement
pas remarqué (certaines personnes sont incapables de penser plus loin que
coquerelles), on ne vous a pas parler de moustiques.
C’est parce qu’il n’y en a pas !! Et
selon les dires du Totem de sagesse, le très vénéré Papi Jean Bédard : un
endroit sans moustique, c’est le paradis !
Malgré tout, nous avons quelques critères de
plus pour y trouver notre compte.
Ce que nous voulons et qui est disponible ici,
gratuitement, naturellement :
Une liberté totale ;
Une proximité de la ville pour les emplettes
et de l’Amazone pour la recherche de terrain ;
Quatre chiens affectueux avec nous et féroces avec les intrus ;
Un chat chasseur de coquerelles ;
Cinq poulets et deux canards pseudo-libre en
manque d’amour ;
Une rivière massive et propre qui chante
constamment pour nous aider à dormir ;
Une quantité de petites et grosses
« jobines » à exécuter à notre rythme ;
Des installations toutes prêtes pour
accueillir des volontaires ;
Une faune toute aussi explosée (papillons, colibris,
libellules, serpents, coquerelles, scorpions (il en a juste un…) ainsi qu’un
genre de grosse marmotte invisible qui passe son temps à faire des trous sans
jamais vraiment avoir de raison de le faire)
Ce que nous n’espérions même pas et qui nous
est aussi offert par l’univers :
Ou, si on trouve ça trop simplet, une tarabita (traversier sur fil) qui passe au
dessus de la rivière et qui atterrit directement sur notre terrain ;
Des opportunités multiples d’essais et erreurs
agricoles et organisationnelles que nous n’aurons pas à tester pour la première
fois sur NOTRE projet ;
Une confiance aveugle de la part du
propriétaire ;
Une période illimitée de temps sans casse-tête
pour trouver notre terrain idéal ;
Un Temascal (tente indigène qui sert de sauna
et qu’on chauffe avec des pierres volcaniques ;
Du soleil à souhaiter qu’il pleuve ;
De la pluie qui donne l’impression que le ciel
nous tombe sur la tête (les Gaulois craindraient vraiment les dieux
amazoniens).
Tout ça, logés et nourris!
Tout ça, logés et nourris!
Il y en a pour nous tous ici.
On a fait un long parcours pour décider qu’on
était prêt à souffler un peu. On a voyagé le pays en entier (10 000 beaux kilomètres); de la mer, on
est monté jusqu’à 4000 mètres d’altitude, pour finalement atterrir dans la
jungle ; on a monter un dossier impressionnant de connaissances et de
contacts, on a commencé notre recherche de terrains (on vous en parlera
prochainement), Simon a fait de sérieuses avancées en espagnol, on a obtenu
notre résidence équatorienne (droit de vote et tout !).
On a adopté l’Équateur, quoi.
On est loin d’être fatigués ; au
contraire, on est plus énergétique que jamais et puis ça fait du bien de
travailler.
Et ce petit paradis de Serena, nous donnera
une longueur d’avance pour notre propre projet (ça aussi c’est pour un prochain
blog).
C’est encore une situation temporaire, c’est
vrai, mais dans un confort inégalé et sur le type de terrain qu’on recherche,
dans l’environnement où on veut vivre.
Et oui, chers amis : Nous sommes tombés
en amour avec l’Amazone !
À bientôt !
Soa et Simon
Toujours aussi intéressant de vous lire et surtout le ton de votre écriture: tout simplement hilarant. Ça donne vraiment le goût d'aller vous visiter. Mom and Dad.
RépondreEffacerBravo a vous deux, je vous souhaites pleines de magnifiques aventures et que votre projet de terre devienne réalité en temps opportun!!! Bravo pour ce magnifique projet! C'est en vous lisant que l'on réalise que tout est possible! Eli xx
RépondreEffacerSalut Simon et Soa,je découvre et prends plaisir à lire votre site. La question que vous vous posée est la suivante: qui est cette personne qui est en arrière de son clavier? La réponse est fort simple et très proche en même temps. Je suis un collègue de travail à "môman" Nicole". Je me prénomme Michel et oui je travaille au V.V.V. Salutation à maman et papa et je vous fais confiance pour vivre le moment présent... Un salut du Québec et à bientôt. Bye Michel
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